A Ussel, un enduro pour les passionnés de la pêche à la carpe
"Mon père pêchait, mon grand-père pêchait, mon arrière-grand-père pêchait ! Depuis ma plus tendre enfance, je suis avec les carpes".Pascal commente avec humour cette passion qui le dévore depuis toujours.Une passion qui habite les 19 équipes de deux pêcheurs de l’enduro de pêche. La compétition a commencé vendredi à 15 h 30 autour des 18 hectares du lac de Ponty. Jusqu’à demain lundi 11 heures. Jour et nuit, sans interruption.
L’édition 2023 fête cette année ses 30 ans. "À l’époque, sur cette pêche, on a été avant-gardiste. Maintenant, ça existe un peu partout en France », explique Hugo Pégourier, l’un des organisateurs et lui-même plusieurs fois champion de France de pêche à la carpe. L’enduro est organisé par le Club Carpe Nature Haute-Corrèze.
La passion n’a pas de prixLes pêcheurs viennent de Corrèze, bien sûr, mais aussi de départements limitrophes et de villes plus lointaines comme Toulouse, Châteauroux ou Azay-le-Rideau. Tous sont très bien équipés pour passer plus de 72 heures sur place. Ils ont tous installé un campement de fortune assez confortable avec tentes en toile verte, bleue ou camouflage, matériel de popote, panneaux solaires. Et, surtout, chacun a déployé cannes de pêche, fils, plombs, hameçons, épuisettes et encore une bonne dizaine d’objets liés à la pêche.Un investissement de plusieurs centaines, voire milliers d’euros. "La passion n’a pas de prix. Moi, mon argent, je ne le dépense pas aux restos. En priorité, j’améliore mon matériel de pêche". Ce sexagénaire vient chaque année de loin pour ce concours, attiré par les carpes et l’environnement exceptionnel, en pleine nature.
26 carpes en 18 heuresChacun s’est vu attribuer un secteur par tirage au sort ou exercice de précision d’un lancer. Régulièrement les organisateurs passent et pèsent les prises. Chaque gramme donne un point. Le gagnant, au terme des 72 heures est celui qui totalise le plus de points. Samedi, en début de matinée, 18 heures après l’ouverture, 26 carpes avaient été prises pour un total de 172 kg. Avec une belle prise de 9 kg sur la balance à 2 h 30 du matin par le binôme Roche-Albessard.Le principe de la pêche à la carpe, comme de plus en plus de pêches de concours, est de relâcher l’animal après la pesée. Une pratique illustrée par un anglicisme "no kill", "pas tuée".
Ne pas hésiter à se mouiller !L’hameçon utilisé ne peut être avalé. "Il se pique toujours dans la lèvre. Cela demande une grande dextérité pour le ramener et le mettre dans l’épuisette sans le déchirer", indique Fabrice Gaillard, le président du Club Carpe.À discuter avec ces passionnés, le curieux plonge dans un monde qu’il ne soupçonnait pas.
Un animal malin"C’est un animal malin. Elles observent, ont des “éclaireurs”. En début de compétition, souvent elles ne mordent pas. Il faut que la faim les pousse au bout d’un bon moment", raconte ce spécialiste. Il conclut : "On a étudié leur comportement. Les nouveaux dans un étang apprennent les habitudes des vieux ! Comme les rats !". Une version aquatique du roman-animalier fantastique Les fourmis de Bernard Werber.Lundi 29 mai sonnera l’heure des comptes. Chaque équipe a encore largement sa chance. D’ores et déjà, se profile la compétition suivante avec un partenariat d’EDF, L’Open des Orgues. Une troisième édition qui verra s’affronter 40 équipes (80 pêcheurs) au mois de septembre.