À Villefranche-d'Allier, des riverains s'opposent à la réalisation de plateaux ralentisseurs
Ils en ont gros, les riverains des routes de Montluçon (RD 33) et de Montmarault (RD 16), à Villefranche-d’Allier (Allier). Et ils l’affichent, aussi en gros, sur les murs et les grilles de leurs maisons, pour sensibiliser les automobilistes de la commune et d’ailleurs à leur problème : la pose de ralentisseurs prévue pour le mois de juin, dans le cadre de travaux de réfection de voirie.
Collectif, pétition, courrierUn collectif s’est formé depuis, et a présenté une pétition rassemblant quatorze foyers concernés. Un courrier a été adressé au conseil départemental. Ils dénoncent un déni de démocratie, malgré le vote du projet par le conseil municipal.
Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas été consultés, indiquent-ils. « Je l’ai appris par hasard fin mars. Je redescendais mes courses et j’ai vu des personnes en train de prendre des mesures de la route », raconte Cécile Chartier, vivant à quelques mètres du premier plateau ralentisseur envisagé, sur la RD 33 au niveau du carrefour de l’impasse des Vergers. L’autre sera construit sur la RD 16, entre les numéros 7 et 9 de la rue Albert-Camus.
Nuisances sonores, pollution, vibrations…Le dossier a été voté le 11 avril dernier. Quelques jours plus tard, « suite à notre demande » précise le collectif, une réunion publique s’est tenue, le 20 avril. « On était vingt-cinq environ. Les 5/6e étaient contre », assure Guy Colin, l'un des intéressés.
Ils le reconnaissent : la vitesse sur ces voies de circulation, en entrées de bourg, est souvent excessive. Mais des plateaux ralentisseurs ne sont pas la solution, avancent-ils. Au contraire, « ils occasionnent des nuisances sonores et de la pollution provoquées par les freinages, les redémarrages et les accélérations des camions, tracteurs, semi-remorques... ». Alain Amrouche, dont la maison est située sur la RD 16, craint aussi les vibrations qui fragiliseront, selon lui, les habitations :
Je viens de refaire le mur d’enceinte de ma maison avec un filet spécial anti-vibrations. Ça ne va me servir à rien. Si le mur se fend, c’est la mairie qui sera responsable.
Jean-Pierre Chartier évoque aussi les problèmes d’écoulement des eaux de pluie : « Il y a dix ans, j’ai eu quatre-vingt-dix centimètres dans le sous-sol. Les égouts sont trop petits. Qu’est-ce qui va se passer si l’eau est bloquée par les plateaux ? ». Le collectif propose ainsi l’installation de radars pédagogiques ou de régulateurs de vitesse, voire des chicanes, plutôt que ces plateaux.
Deux oppositions au conseil municipalContacté, le maire se garde de toute communication. « Je ne veux pas m’exprimer. C’est voté, à l’unanimité du conseil municipal », coupe le premier édile, Gérard Ferrière. C’est vrai, l’ensemble des élus a approuvé le projet le 11 avril dernier, réalisé avec les services techniques du conseil départemental. Mais David Batisse, conseiller municipal d’opposition, s’en mord les doigts :
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Je reconnais qu’on n’a pas été bons. On n’a pas écouté les personnes concernées. Mais bon, on est deux contre treize, avec Mme Josiane Auberger. Ce n’est rien.
Il était candidat sur la liste de cette dernière, lors des élections municipales de 2020. « C’est dommage. C’est un projet qui a été mal engagé, sans l’avis des riverains », abonde Josiane Auberger. Avant de poursuivre :
C’est un dossier que j’avais vu en commission travaux, pour réduire la vitesse, mais les riverains ont mené une pétition et proposé d’autres solutions. Après la réunion publique, je pensais qu’on en rediscuterait en commission, avant le conseil municipal du 3 mai. Le maire a expliqué qu’il ne reviendrait pas sur sa décision. Donc on a quitté la salle.
Le devis a été signé le lendemain.
22.485,90 € HT. C’est le coût de la réalisation des deux plateaux surélevés sur la RD 16 et la RD 33. Ils seront réalisés par la société Colas de Désertines. La commune de Villefranche-d'Allier doit solliciter une aide départementale au titre de la répartition du produit des amendes de police en matière de sécurité routière.
Seher Turkmenseher.turkmen@centrefrance.com