Le Clermont Foot, du cœur et plus encore : ce qu'il faut retenir de sa victoire face à Lorient
Le terrain ne ment pas. Il est le reflet des ressorts qui peuvent animer une équipe, et plus largement un groupe. Les Clermontois l’ont démontré de la plus éclatante des façons, ce samedi, en prenant le dessus sur une équipe de Lorient qui avait proposé une première période de grande qualité.
Mais au final, c’est bien Clermont qui l’a emporté, auteur, lui, d’une fin de première période épatante, et d’un second acte accompli. En vérité, ce match s’est sans doute joué en deux minutes quand Clermont, sérieusement gêné aux entournures par les Merlus, emmenés par un (or)Faivre, a fait sauter la banque sur un spectaculaire retournement.
Un condensé d’émotions avec d’abord Maurer tout près de marquer. Sur le contre, Lorient obtient un penalty, Gastien se faisant piéger par Faivre (40e). Mais Diaw était là pour encore réussir un de ses sauts de chat dont il a le secret. Et comme face à Lacazette il y a quinze jours, l’international sénégalais a gagné son duel face à Koné.
Mais là où certains se seraient contentés des félicitations à rallonge de leurs coéquipiers, Diaw a eu la lucidité et l’œil assez vif pour servir illico un Borges des grands jours. La suite se finissait 100 mètres plus loin avec le but de la délivrance signé Khaoui. En moins de deux minutes, Clermont venait de l’emporter aux points, preuve d’une solidarité et d’une unité bluffantes.
À la pause, à la faveur des autres résultats sur les différents stades, Clermont était même assuré de conserver sa huitième place. Finalement, il terminera au pire neuvième après l’étonnante remontada niçoise à Montpellier (2-3). Mais huitième ou neuvième, c’est déjà tout simplement formidable pour ce club né il y a 30 ans à peine et qui continue de grandir.
Cinquième victoire de suite à la maison dans un stade à l’unisson d’un bonheur partagéCette saison, on n’a cessé de vanter - à juste titre - les charmes de Lorient. Sans oublier le foot champagne du gamin Will Still à Reims. Mais il faudra aussi se souvenir du parcours de cet épatant Clermont Foot de papy Gastien, qui a signé ce samedi soir sa cinquième victoire de suite à la maison dans un stade à l’unisson d’un bonheur partagé. Et qui, quoi qu’il se passe samedi prochain au Parc des Princes face à Messi ou Mbappé, finira dans le top 10 du championnat de France pour sa deuxième saison dans l’élite. Respect.
La pluie qui s’est invitée en seconde période n’a en rien gâché la fête auvergnate. Elle a dévoilé un Clermont libéré, plus entreprenant et plus à l’aise alors que Lorient, encalminé par le double coup du sort avant la pause, n’a pas réussi à rendre la même copie des quarante-cinq minutes initiales. À chacun sa mi-temps en somme mais Clermont, qui l’a emporté aux points, ne voulait pas en rester là.
C’est d’abord ce grand balèze (dans tous les sens du terme) de Caufriez qui délivrait tout le monde avec un but validant sa cacahuète de la première période sur la barre de Mvogo (2-0, 74e). La victoire prenait alors des airs de fête, Caufriez jouant les Oswaldo Piazza au fil d’une chevauchée fantastique pour le plus grand bonheur d’un public à l’unisson. Clermont si haut, est-ce une surprise ? Peut-être... Mais une chose est sûre, il n’a rien volé.
La fiche technique :
CLERMONT-FERRAND (stade Gabriel-Montpied). Le Clermont Foot bat Lorient 2-0 (mi-temps : 1-0). Arbitre : Florent Batta. 13.050 spectateurs.
Buts. Clermont Foot : Khaoui (43e), Caufriez (74e).
Clermont Foot. Diaw ; Seidu, Wieteska, Caufriez ; Zeffane (Allevinah, 75e), Gonalons (cap., Magnin, 75e), Gastien, Borges ; Khaoui (Rashani, 70e), Maurer (Cham, 70e), Kyei (Andric, 75e).
Non utilisés : Djocco, Konaté, Ogier, Bela.
FC Lorient. Mvogo ; Kalulu (Doucoure, 82e), Talbi, Yongwa Ngameni (Le Bris, 63e), Laporte, Le Goff ; Makengo (Kari, 73e), Abergel (cap.), Faivre, Le Fée ; Koné (Cathline, 82e).
Non utilisés : Pollersbeck, Meite, Diarra, Innocent, Ponceau.
Valéry Lefort