Il avait giflé et harcelé son ex-compagne de 24 ans sa cadette : un quadragénaire condamné à 12 mois de prison ferme
Neuf mois de relation, six mois de vie commune et… cinq ans de tristesse et d’angoisse pour la victime.
Constamment surveilléeCelle-ci a 17 ans quand elle tombe sous le charme d’un videur de boîte de nuit âgé de 41 ans, malgré son lourd passé judiciaire. Il va rapidement montrer son vrai visage après qu’elle s’est installée chez lui. Très jaloux, il est dans la surveillance permanente et lui interdit de voir des personnes de son entourage. Dans la rue, il s’assure que le regard de sa compagne ne croise pas celui d’autres hommes, sous peine de représailles psychologiques et physiques.
Elle décide finalement de le quitter. Mais quelque temps plus tard, ils se retrouvent sur un parking et il la gifle, après qu’elle a refusé qu’il la prenne dans ses bras. Des semaines plus tard, il apparaît très souvent sur son lieu de travail, l’interpelle, se montre provocant. Des agissements potentiellement constitutifs de harcèlement. Présente à l’audience, la victime, d’abord submergée par l’émotion à l’évocation des faits, a finalement accepté de témoigner, grâce à un gros travail de réassurance du président du tribunal Michael Humbert.
Dégradation des conditions de vie« Il m’a coupée de mes amis et il a essayé de me couper de ma famille », a indiqué la victime. Son avocate, Hélène Mazure, a fustigé le prévenu, absent à l’audience. « Il a dégradé les conditions de vie de cette jeune femme. Elle a eu des pensées suicidaires. » Le conseil de l’ex-conjoint violent, Anne Riol, a bien tenté de mettre en cause les témoignages attestant de la gifle, et de contester le harcèlement, car la prévention ne portait que sur une seule journée. Mais le tribunal s’est estimé en mesure de rectifier cette « erreur » de date. Et a condamné le quadragénaire, au casier judiciaire déjà fourni, à 12 mois de prison ferme.
Un mandat d’arrêt a également été ordonné à son encontre, ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans et une amende de 5.000 euros au titre du préjudice. S'adressant à la victime, Michael Humbert a conclu :
Vous n’êtes pas coupable de ce qui vous est arrivé. Vous avez le droit de tomber amoureuse de quelqu’un plus âgé que vous, musclé et qui envoie. En revanche, c’était à lui, âgé de plus de 40 ans, de ne pas vous mettre dans un état de sujétion.
Daniel Lauret daniel.lauret@centrefrance.com