Plusieurs milliers d'euros dérobés dans le coffre-fort de son ancien collègue à Murol
Le jour des faits, la victime, un homme de 76 ans, part en VSL pour un rendez-vous médical peu avant 16 heures. Il est raccompagné chez lui, dans un petit hameau de Murol, après 17 heures. Lorsque le septuagénaire qui vit seul depuis le décès de son épouse entre dans sa maison. Une forte odeur de brulé se dégage. Le Puydômois s’aperçoit que la porte donnant accès au grenier est cassée. Dans la pièce, un gros coffre-fort a été scié à la disqueuse et les 25.000 € en liquide et des armes de collection qui s’y trouvaient ont disparu.
"Un quiproquo…"Les gendarmes de la brigade territoriale autonome de Besse sont prévenus et, d’emblée, les soupçons se portent sur le prévenu, âgé de 57 ans. Car seule lui et la fille de la victime étaient au courant que le septuagénaire plaçait son argent dans son coffre.
Les deux hommes se connaissaient de longue date. Ils ont travaillé ensemble il y a quarante ans chez Saint-Gobain. Depuis, quelques coups de fil et visites. Sans plus.
Quelques heures avant le cambriolage, le prévenu part de chez lui, dans la Marne, et se trouve dans le secteur de Murol, à partir de 13 heures jusqu’à la fin d’après-midi, d’après la téléphonie. Quelques jours plus tôt, il a téléphoné à la fille du septuagénaire afin de connaître son emploi du temps. Il a besoin d’argent pour son fils, mais également pour les obsèques de sa mère, qui décède la veille des faits.
Pour autant, le prévenu, extrêmement volubile, conteste le vol. Sa soudaine visite en Auvergne?? "C’était pour lui annoncer le décès et lui proposer de l’emmener aux obsèques. J’étais aussi en lien avec un intermédiaire qui était intéressé par ses armes de collection." Le septuagénaire affirme n’avoir jamais vu le prévenu ce jour-là. Ce dernier évoque, lui, une dispute : "On a eu un quiproquo, sur la vente des armes et sur les 12.000 € qu’il m’avait prêté l’an dernier."
"T’as un sacré culot, toi?! T’as pas honte?!"Des explications qui font s’emporter le Puydômois sur le banc des parties civiles : "N’importe quoi?! T’as un sacré culot, toi?! T’as pas honte?!"
Après les faits, le prévenu va régler 2.000 € en liquide aux pompes funèbres pour les obsèques et encore 2000 € "pour remettre à flot ses comptes". Puis, après son interpellation?mercredi dans la Marne, les enquêteurs saisiront 8.000 € chez lui. Le prévenu est finalement poursuivi pour une somme de 9.000 €.
En défense, Me Anne Dumas fustige "le temps d’enquête n’a pas été suffisant pour vérifier certaines choses", demandant soit une relaxe, soit un supplément d’informations.
Mais le tribunal?condamné le prévenu à huit mois de prison avec sursis probatoire.
Julien Moreau