Un premier grand tour compliqué pour Dilyxine Miermont
Néo-pro, Dilyxine Miermont avait démarré très fort l’année en enchaînant les tops 20 au niveau World Tour (13e du classement général de l’UAE Tour, 15e de la Cadel Evans Great Ocean), mais son deuxième bloc de courses s’est moins bien passé. Goûtant à la chute et à la maladie, elle a fini 84e de la Flèche wallonne et 36e du général de la Vuelta, son premier grand Tour.
Vous finissez la Vuelta à la 36e place, quel bilan tirez-vous de ce premier grand Tour ?
Très déçue. Ça ne s’est pas passé comme on s’y attendait. J’ai chuté la semaine d’avant et j’ai dû couper trois jours juste avant la Vuelta, j’avais une entorse au poignet. Puis, j’ai été malade pendant quatre jours pendant la Vuelta. Sur cette course, ça ne pardonne pas.
Vous avez pu vous tester sur les étapes de montagne en fin de tour ?
J’ai fait avec la force du moment. On sait que lorsqu’on est malade quatre jours sur sept pendant une course, on ne va pas être dans la meilleure forme de notre vie les trois jours restants, mais j’ai essayé de tout donner quand même.
La Vuelta, c’était un objectif ?
Bien sûr que c’était un objectif. Mais, je ne m’étais pas fixé une place, simplement donner le meilleur de moi-même et voir où j’en étais. Je n’avais pas un rôle de leader unique : nous étions trois à être conservées pour les étapes de montagne.
Sur cette Vuelta, on a vu de belles performances de jeunes coureuses françaises, Muzic et Labous (6e et 7e). Est-ce que vous vous comparez à elle ?
C’est sûr que lorsqu’on voit leur performance, on aimerait bien faire la même chose. On prend exemple. Mais, depuis qu’elles sont sorties des rangs juniors elles sont professionnelles. Elles ont beaucoup plus d’expérience, beaucoup plus de courses. Je ne peux pas forcément me comparer à elles.
Les courses en Belgique ? CompliquéesAvant ça, il y a eu trois courses d’un jour en Belgique où ça ne s’est pas super bien passé, ça vous correspondait un peu moins ?
Ce n’était pas du tout mon objectif, ni mon profil. Il faut faire de tout pour progresser et ça fait partie de mon apprentissage d’aller faire des courses où je ne suis pas à mon avantage. Mais, les pavés ce n’était quand même pas facile. C’était la première fois et ce n’est pas un bon souvenir (rires). C’était vraiment dur.
Il y a aussi eu la Flèche wallonne, sans pavé cette fois-ci.
Je suis tombée deux fois. Au huitième kilomètre puis en haut du mur de Huy, dans le dernier tour. J’étais dans le groupe de tête, mais une fille m’a chassé la roue avant. Il fallait que je change de vélo, ma voiture était trop loin. Elle a mis longtemps à pouvoir me dépanner parce qu’elle était bloquée par les filles dans le mur de Huy. Je n’ai pas eu de chance.
Accompagner les meilleures en haut du mur de Huy à un tour de l’arrivée, ça montre que la forme était bonne.
Oui, ça allait plutôt bien. Mais tout s’est arrêté brutalement. Un peu de malchance. Il y a cette chute, une semaine après c’est la Vuelta… Je ne savais pas si j’allais pouvoir la faire et ensuite j’ai été malade.
C’était une mauvaise passe mais tout va rentrer dans l’ordre.
Quelle est la suite du programme désormais ?
J’ai coupé trois jours avant de reprendre. Ma prochaine course c’est le 4 juin (NDLR, l’Alpes Grésivaudan Classic) puis après j’enchaîne avec le Tour des Pyrénées et les championnats de France.
Objectif championnats de France ?
Oui, ce sera surtout les championnats de France. Mais les autres courses restent dans un coin de ma tête. Les Pyrénées c’est quelque chose qui peut bien me convenir. Le Grésivaudan également.
Propos recueillis par Mathieu Brosseau
Et le Tour de France ?
Difficile de ne pas lui poser la question : sera-t-elle au départ du Tour de France qui fait une halte à Mauriac, là où elle a débuté le vélo ? « On ne sait pas encore, répond-elle. L’équipe est prise mais on n’a pas encore la sélection. »
En effet, St Michel-Mavic-Auber93 a bien reçu son invitation pour la Grande boucle mais la sélection interne n’est pas encore faite. Six places pour onze coureuses. La Cantalienne, en tout cas, y pense : « C’est un objectif que je m’étais fixé dès le début de saison mais je préfère prendre course par course et donner tout ce que j’ai à donner pour mériter ma place. »