Il a tué son chien en le projetant au sol et contre une voiture : le Puydômois condamné
Il s’appelait Rasta. Il avait deux ans. Ce basset fauve de Bretagne est mort, le 6 août 2022, à Cébazat, fracassé contre le sol et le pare-brise d’une voiture. Accident ? La conductrice qui a vu le chien atterrir sur sa voiture, alors qu'elle roulait, est formelle, c’est son propriétaire, un homme de 47 ans, qui l’a projeté sur le véhicule.
Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, eux aussi voient le quadragénaire prendre son animal à bout de bras et le jeter à terre, à plusieurs reprises. Face au tribunal, ce Cébazaire sans emploi, jugé pour sévices grave envers un animal domestique, ayant entraîné la mort, livre d’étranges explications.
Selon lui, l’animal était déjà mort, percuté par une voiture, avant qu’il ne le balance. "Après l’accident, tout allait bien et il a commencé à marcher mal. Je l’ai porté. Il ne m’agrippait plus avec ses petites pattes. Puis j’ai écouté son cœur. Il ne battait plus. L’alcool aidant, j’ai pété les plombs. Je l’ai un peu violenté mais il était déjà décédé".
Isabelle Ferret, présidente de l’audience, lui lance un regard circonspect. "C’est bizarre car quand on perd un animal, on est choqué, on ne le jette pas par terre plusieurs fois…". Les enquêteurs, après visionnage des caméras de vidéosurveillance, n’ont trouvé aucune trace d’un accident avec un chien. De plus, selon l’autopsie pratiquée par un vétérinaire, Rasta est mort d’un choc violent, au niveau des cervicales. "Ce n’est pas une voiture…", fait remarquer Isabelle Ferret.
Un signalement pour maltraitanceAutre élément accablant : les témoignages de voisin du prévenu, indiquant que le chien était frappé et enfermé toute la journée chez lui. Selon eux, il aboyait toute la nuit. Le logement du quadragénaire était par ailleurs jonché de ses excréments.
"Un signalement pour maltraitance avait été fait mais le chien est décédé trop tôt pour que l’Association protectrice des animaux puisse intervenir", se désole Me Geoffrey Juarez, qui représente cette structure. Le propriétaire, encore une fois, proteste : "Mon chien, je le sortais !".
À l’audience se dessine le profil d’un homme au parcours marqué par l’alcool et vivant dans une grande précarité. "Je vois beaucoup de souffrances chez lui mais il doit aussi comprendre que les animaux sont des êtres sensibles", sermonne Me Pauline Bredon, qui représente la Société protectrice des animaux.
"Le chien était bien vivant au moment où il l’a jeté, il s’agit bien d’un acte de cruauté", estime Françoise Chadefaux-Gallay, au parquet, qui demande 100 jours-amendes à six euros. Me Vanessa Bonnard, avocat du prévenu, se dit elle-même "sans voix", par rapport aux faits. Et préfère évoquer leur contexte, à savoir "l’état d’indigence important" de son client.
Celui-ci devra effectuer un travail d’intérêt général de 140 heures, sous peine de purger deux mois de prison. Il a en outre l’interdiction de détenir un animal durant cinq ans.
Olivier Choruszko