Accusé d'avoir violé sa jeune voisine, un homme de 80 ans jugé devant les assises de l'Allier
Sa victime présumée avait porté plainte en 2019 (*), évoquant alors des faits qui se seraient produits dans le bassin de Gannat entre 1994 et 1997, alors qu’elle était âgée de 8 à 11 ans. Aux enquêteurs, la jeune femme raconte alors ces journées où, petite, elle allait se baigner dans la piscine d’un voisin au-dessus de tout soupçon.Mais un voisin qui, d’après elle, aurait fini par lui caresser le corps et l’embrasser, lui expliquant « qu’il allait lui faire du bien ». Des faits de pénétration, donc de viol, se seraient même produits de manière répétée. Il avait fallu l’arrivée au collège et un mal-être croissant pour que la jeune fille, ainsi qu’elle l’indiquera plus tard, ne réalise que tous ces agissements n’avaient rien de normal.
Tout juste majeur, il avait agressé sexuellement une adolescente lors d'une soirée familiale à Lezoux
Et si elle n’avait alors pas voulu porter plainte, « par honte », elle avait franchi le pas plus de vingt ans plus tard. Conduisant, fin 2019, à la mise en examen puis au placement en détention provisoire de celui qui, depuis ce lundi, se retrouve donc sur le banc des accusés de la cour d’assises de l’Allier, sa santé chancelante n’ayant pas été jugé incompatible avec son jugement.En ce premier jour d’audience, l’homme n’a d’ailleurs pas formellement nié les accusations dont il fait l’objet, lui qui, lors de l’instruction, avait expliqué que c’est la fillette « qui demandait des câlins ».
« Avant, on avait le droit… »À la question de savoir s’il était grave, ou non, de caresser le visage et le ventre d’une fillette, l’octogénaire, face à la cour, n’émet pas un avis très tranché. Et d’affirmer, soudain plus prolixe : « Avant, on avait le droit de caresser le ventre. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe, le moindre geste est puni… ».Déjà condamné en 2019 à deux ans de prison dont un avec sursis pour des atteintes sexuelles sur sa petite-fille, l’accusé encourt cette fois vingt années de réclusion criminelle. Verdict mercredi.
(*) Les faits auraient été prescrits vingt ans après la majorité de la victime présumée, soit en 2024.
Pierre Geraudie