Le macronisme après Macron ?
C’est une carte puissante mais elle ne peut être jouée qu’une fois. En promettant une baisse d’impôts de 2 milliards pour les classes moyennes d’ici à 2027, Emmanuel Macron veut renouer le fil d’un quinquennat mal engagé. Avec une majorité très relative et des alliances en carton à l’Assemblée, le chef de l’État sait qu’il ne pourra pas réformer sans apaiser. Il faut bien quelques appuis, tout de même. Le pouvoir d’achat est tout à la fois le sujet le plus concernant et le plus brûlant. Mais quels sont les mots pour parler à ces classes moyennes figurant un concept socialement élastique et politiquement volatil ? Anne Hidalgo avait tenté la hausse des salaires des enseignants. Raté. Valérie Pécresse avait ressorti le « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy. Encore raté. Complexe mécanique du cœur qu’aucun mode d’emploi n’a réussi à sonder. Aujourd’hui, Emmanuel Macron descend dans l’arène et ce n’est pas seulement la suite du mandat qui est en jeu mais l’après 2027. Si l’exécutif échoue à convaincre qu’il entend et comprend la fameuse « constellation centrale » décrite par Jérôme Fourquet, le quinquennat déclinera doucement. Et le macronisme peinera à exister après Emmanuel Macron.
l’éditorial
Stéphane Vergeade