Déjà 20 années de combats pour l’AMC
Lors de l’assemblée générale de l’Association des malades de la chimie (AMC), le président Christian Micaud, est revenu sur ses vingt années d’existence. « Vingt années qui se sont écoulées en luttes et pour briser l’invisibilité des cancers dus au travail dans les industries chimiques ».
« Et les réussites doivent beaucoup à la persévérance des membres mais aussi au professionnalisme et l’humanité du médecin du travail Gérard Barrat et aux avis éclairés du cabinet de M e Cédric Romanet », a-t-il ajouté.
Une minute de silenceAuparavant, il avait d’abord rappelé « que l’AMC est une association d’entraide des salariés et de leurs familles des entreprises AEC, SEP Montluçon, Rhône Poulenc NA, Aventis, Adisséo Commentry et leurs entreprises extérieures ».
La réunion avait d’ail-leurs débuté par une minute de silence en mémoire de Gérard Giraudet, Angèle Torecila, Gérard Parillaud, Jean-Pierre Fer-randon, Jean et Christiane Bernoud, ainsi qu’André Coutil, des malades récemment décédés.
Puis, après avoir évoqué « les débuts semés d’embûches de toutes sortes de l’association », Christian Micaud a rappelé les dates phares. Remontant tout d’abord à 2003, avec l’ouverture d’une enquête préliminaire sur réquisition du parquet.
En 2007, le Tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS) a reconnu « la faute inexcusable de l’employeur ». Puis, en 2012, « le parquet a classé sans suite malgré trente-cinq cancers du rein et onze décès ». Et, en 2018, « le parquet du Pôle santé du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris a classé sans suite ».
Cancers du rein et de la prostate, maladies du sang et amiante…Plusieurs bilans ont ensuite été dressés. Avec quarante-sept cas de cancers du rein, dont seize décès, un nouveau cas reconnu en 2020 et un en 2022. Mais aussi trois oncocytomes, dont deux reconnus, sept cas de cancers du rein en entreprise extérieure reconnus.
« Toutes les victimes qui ont fait une demande de maladie professionnelle sont reconnues avec un taux de 25 à 40 % plus faute inexcusable de l’employeur, avec doublement de la rente », a-t-il été rappelé.
Le bilan des maladies du sang est de neuf cas reconnus, sept lymphomes, une leucémie et un myélome.
Au niveau des c ancers de la prostate, trente-deux cas ont été recensés par l’AMC dont deux en 2018, plus un cas reconnu en 2014 et un autre en 2019.
Enfin le bilan de l’amiante est le suivant : trente-cinq cas, dont dix cancers tous reconnus en maladie professionnelle. « Toutes les victimes allant sur la faute inexcusable ».
Aujourd’hui, l’association s’interroge sur les moyens de faire connaître ses actions auprès du public et des salariés. Et ce d’autant plus que le temps de latence est long, parfois vingt ans. « Ce qui fait que les maladies se déclarent constatées, alors qu’elles sont avancées et les jeunes salariés ne se sentent pas concernés ».
Le rapport financier du trésorier Jean-Pierre Cobemorel a permis d’évoquer un don de 5.000 € au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle (GISCOP 84). Des remerciements ont également été adressés aux victimes qui ont fait des dons et aux adhérents qui passent à la permanence des premier et dernier vendredi de chaque mois, au 13, rue du Bourbonnais.
Pratique. Pour tous renseigne-ments, contacter Christian Micaud (AMC, association Henri Pézerat), au 06.30.83.29.81, ou Annie Thébaud-Mony (association Henri Pézerat), au 06.76.41.83.46.
Le bureau
Composition. Président, Christian Micaud, vice-président, Guy Roudaire, secrétaire, Évelyne Mathonnat, secrétaire adjoint, Jean-Luc Cagnot, trésorier, Jean-Pierre Combemorel, trésorier adjoint, Jérôme Cornet, médecin-conseil docteur Gérard Barrat. Avec donc deux jeunes adhérents à des postes d’adjoints.