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"Faire des barbecues et prendre le pouvoir" : les Beaux-Arts de Besançon sous occupation "démocratique"

"Ils ferment les portes !" Depuis les ateliers où elle et d’autres étudiants s’affairent, Astrid Gallois, 21 ans et en quatrième année à l’Institut supérieur des beaux-arts de Besançon (Isba) aperçoit une poignée d’étudiants barricadant une à une les entrées de l’établissement. "A ce moment-là, je comprends qu’ils ont décidé entre eux d’occuper l’école", se remémore la jeune fille.

"Ils" sont la dizaine d’élèves ayant décrété l’occupation de l’Isba ce 29 mars, sans informer la majorité des quelque 160 autres. Dans les couloirs de l’institution, le bruit courait depuis plusieurs jours qu’une "action" se préparait. De celles menées dans plusieurs universités pour dénoncer la réforme des retraites. Mais surtout comme dans de nombreuses écoles d’art régionales telles que celles d’Angers, Quimper, ou Brest, également vent debout contre la baisse de leurs subventions. Rassemblements, journées d’action, occupations… A chaque école son mode opératoire.

La veille, Astrid avait pourtant cherché à se renseigner auprès des étudiants les mieux informés. "Il y aura une assemblée générale", lui avait-on répondu sans lui donner d’heure malgré sa relance. "Sur le principe, je trouvais que l’occupation était un mode de contestation intéressant à explorer. Mais là, c’était brutal", décrit-elle.

Face au sentiment d’exclusion de certains, les occupants de l’école organisent une nouvelle assemblée générale, cette fois en communiquant sur sa tenue pour rassembler le plus grand nombre. Les accents autoritaires des premières heures sont pardonnés, du moins s’en accommode-t-on pour préserver les revendications communes : des professeurs mieux formés, une équipe complète, davantage de budget de la part du ministère de la Culture et une aide des collectivités territoriales de 6 millions d’euros pour rénover le bâtiment (incluant l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite).

"Horizontalité" et "bienveillance"

Malgré ses airs de citadelle assiégée, ce nouveau système se veut une sorte de démocratie idéale. "Ils ne veulent pas hiérarchiser mais procéder de façon horizontale, dans une attitude positive et bienveillante", décrit ainsi Nicolas Bardey, assistant d’enseignement en sérigraphie. Dans les assemblées générales, qui prennent place plusieurs fois par semaine, professeurs, direction et élèves ont la possibilité de faire valoir leur point de vue avant de passer au vote d’un certain nombre de mesures concernant tant le fond de la contestation que les modalités d’occupation. "Mais quand le groupe le plus bruyant, même minoritaire, se montre en faveur d’une idée, s’élever contre peut être compliqué. Certains ont peur, d’autant que le vote se fait à main levée", résume Jean Salomon, 26 ans et en quatrième année. Et puis il y a l’usure. A mesure que les semaines passent, les curieux des premières heures désertent les "AG". "Tout le monde ne peut pas se permettre de passer trois ou quatre heures dans une réunion pour débattre de sujets redondants. On est quand même là pour étudier… Finalement, ça en devient peu démocratique", poursuit le jeune homme.

D’aucuns verront sans doute dans cette description les aléas de la vie démocratique, qui doit composer avec l’abstentionnisme et la dépolitisation d’une partie de la société. Mais, aux dires de plusieurs membres de l’Isba, la désaffection grandissante de la majorité des élèves pour ces assemblées trouverait également sa source dans la conception des occupants de "l’horizontalité"…

Rapidement, un petit groupe investit les bureaux du personnel administratif, forçant celui-ci à télétravailler - avant d’"accepter" de rendre ces locaux pour occuper la résidence d’artistes qui faisait jusqu’ici office de salle des professeurs. Une "liste de présence" - que certains qualifient de "black list" - est mise en place à l’entrée de l’école pour contrôler les entrées et les sorties. "Raisons de sécurité", indique-t-on. Même les professeurs et l’administration doivent décliner leur identité, ainsi que l’heure d’arrivée et de départ (la liste a, depuis, été supprimée).

Emergent dans le même temps des leaders, Jazz et Leon. e qui, promet-on, n’ont "jamais voulu devenir les chefs"… Reste que ce sont vers eux que la majorité des personnes interrogées redirigent L’Express pour connaître les motivations des "occupants". Mais le sujet a été tranché en assemblée générale : ils ne répondront pas à nos questions.

Le directeur "en position de neutralité"

Un soir, comme le veut la coutume après une journée chargée, plusieurs étudiants trinquent dans leurs ateliers, une bière à la main, mais "sans faire d’excès". Soudain, sur les coups de 20h30, un petit groupe d’occupants fait irruption. Il faut partir. Les premiers rétorquent que "l’école est à tout le monde" et refusent de quitter les lieux sur injonction d’autres étudiants, en principe leurs égaux. D’autant qu’il n’est pas rare qu’une journée de travail s’étire jusqu’à 22 heures. Quelques minutes plus tard, un autre groupe revient, précédé de Leon.e. On explique qu’il s’agit d’une double infraction au règlement - des "petites règles" mises en place par les occupants prohibent l’alcool dans l’enceinte de l’école (tout comme le règlement intérieur qui, dans les faits, s’accommodait jusqu’ici d’un verre en fin de journée), et enjoignent ceux qui ne dorment pas sur place à quitter les lieux plus tôt qu’à l’accoutumée pour ne pas déranger le "sommeil des autres occupants".

"Symboliquement, l’autorité change", résume le directeur Mathieu Ducoudray, qui se dit "en position de neutralité", et exclut le "recours à la force". Ce dernier décrit une position compliquée, face à une communauté à la fois solidaire sur le fond des revendications, mais soucieuse pour partie que les cours reprennent. "Les étudiants décident d’un certain nombre de choses en assemblée générale : soit je les applique, soit je négocie. Mais, ajoute-t-il, j’ai refusé certaines choses comme leur donner les clefs ou les codes de l’alarme."

La plupart des cours sont tout de même annulés ou fortement impactés, les occupants "exigeant", selon le directeur, qu’il n’y ait plus de "cours en face-à-face" mais des "modalités pédagogiques différentes" sous forme d’ateliers, de rendez-vous individuels, workshops ou expositions. "J’ai donc demandé à l’ensemble des enseignants d’être présents avec des modalités pédagogiques à mettre en place au vu de la situation", explique le directeur.

"Mais je ne peux pas dispenser une parole d’enseignant sans cadre !" s’agace un professeur qui a souhaité conserver l’anonymat. De son côté, Rémy Yadan, professeur de performance et de mise en scène engagé depuis les débuts de la mobilisation nationale contre la réforme des retraites, explique que son atelier de recherche et de création n’a pas pu se tenir car l’auditorium, où prennent place les assemblées générales, "n’était pas en état d’être investi pour travailler la scène". Il n’en a pas pris ombrage, explique-t-il ; la priorité allant à ce moment de l’année à l’accompagnement des "diplomables". Et puis, "quelles que soient notre fonction et nos divergences politiques, nous luttons ensemble contre la disparition des écoles d’art territoriales".

Charte anti-discrimination

A mesure que les événements de ce type se succèdent, la plupart des étudiants et des professeurs peinent toutefois à retrouver les revendications de départ. "Au début, j’ai cru qu’ils étaient vraiment impliqués sur la défense de nos écoles, confie le professeur qui a souhaité garder l’anonymat. Mais j’ai fini par comprendre qu’ils étaient juste là pour faire des barbecues, s’auto-attribuer les crédits et prendre le pouvoir." D’autant qu’aux relents autoritaires s’ajoutent un certain nombre de revendications identitaires, "générationnelles" pour certains, mais qui "prennent de la place et peuvent invisibiliser les autres sujets", selon Jean Salomon.

Une "charte discrimination" (comprendre "anti-discriminations"), un document de plusieurs pages, est par exemple mise en place. Extraits choisis :

"Il ne sera plus ou pas toléré, les actions et paroles déplacées par les différenX membres du corps de l’ISBA cités ci-dessous.

Toute forme de classisme, de genrisme, d’homophobie, de lesbophobie, de biphobie, de transphobie, et autre forme de lgbtqi + phobie, de validisme et de racisme.

Supprimer des points d’une note finale d’unX étudianX sous prétexte qu’il n’a pas écouté les remarques de son enseignanX, notamment si les remarques de l’enseignanX en question mettent mal à l’aise l’étudianX.

Utiliser des références ou imposer aux étudianX de travailler sur des artistes problématiques, ou qui ont par le passé eu des comportements déplacés graves ou qui peuvent heurter la sensibilité des étudianX."

Sans oublier : "L’utilisation abusive de l’espace partagé par touX : les murs, les bancs, les salles, les chaises, les tables à disposition dans l’école sont censés être disponibles pour touX le corps de l’Isba et ne doivent pas être monopolisés si ce n’est pas nécessaire"…

Bien sûr, le contexte a son importance. A l’Isba, le mouvement "Balance ton école d’art", qui a émergé en 2020 sous son impulsion (en créant un compte Instagram dédié), a durablement marqué les esprits. Des témoignages anonymes dénonçant discriminations et agressions sexuelles de la part du directeur de l’époque, mais pas seulement, ont provoqué une profonde restructuration de l’institution, entre changements d’équipes et enquêtes administratives et judiciaires infructueuses. Raison pour laquelle ce document censé combattre les discriminations établit aussi un "devoir de mémoire" impliquant d’"informer les étudianX des problèmes passés de l’école (notamment les agressions sexuelles) pour qu’iels puissent se sentir en confiance et en parler si de telles actions venaient à se reproduire".

Répression de l’opposition

Entre séquelles post #MeToo, revendications budgétaires, excès identitaristes et clivage générationnel, l’opposition peine à trouver sa place. "En apparence, certains enseignants soutiennent les occupants, confie un professeur. Mais la plupart ont surtout peur d’être accusés de faire preuve de Xphobie ou pire, s’ils montent au créneau…".

Côté étudiants, la situation n’est guère préférable. Après l’instauration de la "liste de présence", Astrid avait accroché en signe de protestation des banderoles singeant l’acronyme de l’Isba : "Ivresse/Sexe/Bordel/Anarchie" et "Interdire/Soumettre/Bannir/Amen". Certains, visiblement échaudés par sa démarche, les avaient décrochées.

Quant à la direction, qui confie recevoir des élèves "en douce" dans son bureau et des appels de parents furieux, elle a proposé aux occupants la reprise des cours, notamment pour les élèves de première année, plus "fragiles". "J’ai rendez-vous avec eux tout à l’heure pour voir dans quelle mesure on peut imaginer un retour à la normale… Enfin, s’ils sont là. Ils ne confirment jamais leur présence", annonce Mathieu Ducoudray.

Quelques jours plus tard, on rappelle la direction. Alors ? "Alors ils ont écouté ce que j’avais à dire. Les étudiants sont plutôt pour la poursuite du mouvement, mais je n’ai pas encore lu le compte rendu de l’assemblée générale. Je ne sais pas encore ce qu’ils ont décidé, je n’y vais plus." Si même la direction déserte…


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