À Clermont-Ferrand, il avait donné un coup de pied à un policier, lors d'une manifestation : le jeune Puydômois condamné
Le jeune homme de 25 ans, aux traits fins et à la voix faible, semble figé face au tribunal. Le 21 mars dernier, lors d’une manifestation non déclarée, dans le centre de Clermont-Ferrand, c’était une autre histoire. Alors qu’il se trouve place de la Victoire, il aperçoit un policier de la BAC à genoux, en train de menotter un homme qui venait d’incendier des détritus. Le fonctionnaire est entouré de trois de ses collègues.
"J’ai perçu cet homme au sol comme étant en danger. J'ai pensé à agir pour le dégager."
Ni une ni deux, il donne un coup de pied au policier accroupi, au niveau des fesses, puis s’enfuit. Lorsque le fonctionnaire, qui tournait le dos à son agresseur et n’a rien vu venir, se relève, il aperçoit ce dernier partir en courant.Identifié grâce, notamment, à des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, il est retrouvé et interpellé deux jours plus tard, lors d’une autre manifestation, officielle celle-ci. Il reconnaît sans difficulté être l’auteur du "shoot".
Avait-il bien identifié la fonction de la victime, alors en civil mais munie de son brassard orange "police" ? Il affirme que non. "Il s’agissait d’un geste spontané, de l’ordre du réflexe. Très clairement, ce n’était pas la bonne réaction…"Cet ex-autoentrepreneur en informatique, qui s’est investi dans un service civique et dont le casier est vierge, n’a rien d’un "black bloc". Son comportement n’en finit pas d’interroger. "Les policiers n’exerçaient pas de violences", affirme Me Mathilde Boffety, avocat du policier. "Ce coup de pied est une attaque, pas un geste de défense. "
"Pas l'intention d'en découdre"Pour Anne-Claire Garaud au parquet, "la scène était très claire, les policiers avaient leurs brassards. Le prévenu avait conscience de leur fonction." Elle demande trois mois de prison assortis d’un sursis probatoire."Il faut raison garder", nuance Me Jean-Louis Borie en défense. "Mon client n’était pas encagoulé, il n’avait pas l’intention d’en découdre avec les forces de l’ordre. C’est un geste irréfléchi."
Il vaut au jeune homme quatre mois de prison avec sursis ainsi qu’un stage de citoyenneté, à ses frais.Olivier Choruszko