Comment devenir manageuse d'artistes ou programmateur du festival, les métiers du spectacle se dévoilent à Brive
Ils sont : manageuse des artistes, programmateur du festival ou producteur, mais aussi chargé de promotion des artistes, directeur technique et régisseur de tournée… Leurs témoignages ont rythmé la conférence organisée vendredi 12 mai au lycée Simone-Veil par Brive festival en destination des jeunes, collégiens et lycéens des quartiers prioritaires. Ces derniers participent à l’opération Crée ton flow (en partenariat avec la Cité éducative), dont le but est de les familiariser avec le monde du spectacle. Mais aussi, leur faire comprendre que parmi les artistes, il y a très peu d’élus pour beaucoup de candidats, mais qu’on peut pleinement s’épanouir dans les métiers satellites et essentiels.
Profession manageuse d’artistesClémence Dewatre est manageuse du groupe corrézien bien connu, Les trois cafés gourmands. « Au début, je voulais être sage-femme. Mais, j’ai fait une première année d’études pour devenir infirmière et ça ne m’a pas plu. Puis, lorsque j’étais en études de communication, j’ai rencontré un producteur d’artistes qui cherchait à développer son entreprise. J’ai fait un stage avec lui. J’ai travaillé avec des artistes comme Suzanne. » En 2021, la jeune femme rencontre Manuel Darrault, le manageur des Trois cafés gourmands. « Après un stage de 6 mois, puis, une formation en alternance dans son entreprise, je me suis associée avec lui en septembre dernier. » Clémence Dewatre est manageuse du groupe Les Trois cafés gourmands. Quelles sont les missions d’une manageuse. « Nous sommes un rouage essentiel dans la mise en valeur des artistes. Notre but est de faire en sorte que leur carrière se passe le mieux possible. On les a au téléphone tous les jours et même la nuit, nous sommes constamment sur le terrain avec eux, on gère les difficultés. Dans ce métier passionnant, il n’y a aucun jour qui se ressemble. C’est une histoire des rencontres. »
Être programmateur du festival, une grande responsabilitéAprès avoir créé Brive Plage en 2004 lorsqu'il était à la tête de l'Office de tourisme, Stéphane Canarias est devenu directeur et programmateur de cinq festivals de musique, dont Brive festival, gérés par la société Festival production (groupe Vivendi). « Notre objectif, c’est d’attirer le maximum de gens, pour leur faire découvrir les artistes programmés et pour tenter de leur faire vivre l’expérience la plus forte possible, explique-t-il. Un programmateur doit donner une esthétique musicale au festival. »Brive Festival, le projet Crée ton flow en partenariat avec la « Cité éducative » dans les quartiers de Rivet, Tujac et Chapelies, Stéphane Canarias, programmateur du festivalPour les manifestations dont il s’occupe, Stéphane Canarias sélectionne trois ou quatre artistes par soir et essaye de toucher tous les publics. Sa mission : concocter un programme attirant, composé d’une tête d’affiche, d’un artiste un peu moins connu et d’un troisième en développement.
" On appelle des producteurs qui organisent des tournées d’artistes, pour acheter une date. J’achète entre 3 M€ et 4 M€ de prestations d’artistes par an, que je vais programmer aux différents festivals."
Cette année, j’ai programmé, entre autres, Orelsan, Angèle deux fois, Nicky Jam et Lomepal.
Jul et The Rolling StonesInterrogés, les jeunes qui ont assisté à la conférence, vendredi, ont souhaité voir sur la scène de Brive festival, le rappeur Jul. Stéphane Canarias a dû les décevoir. « Cette année, il a fait une date au Vélodrome et c’est tout. Il est agoraphobe (il a peur des lieux publics et des espaces ouverts). On lui propose beaucoup d’argent pour se produire dans les festivals, mais, il refuse systématiquement. »Il y a deux ans, Stéphane Canarias a souhaité faire venir le groupe The Rolling Stones au festival Garorock à Marmande. Mais, le cachet d’artistes demandé pour le concert, 5 millions d’euros, l’en a empêché. Un programmateur doit avant tout garder le sens de la réalité.
En France, 5.000 spectacles sont produits chaque année par 210.000 professionnels, dont 43 % de femmes. Il s’agit d’un secteur qui est en pleine expansion. Depuis quinze ans, le nombre de professionnels dans ces métiers-là a augmenté de 50 %.
Dragan Perovic