Clermont-Ferrand : ils avaient enlevé et séquestré un jeune homme "pour 10.000 euros ou 300 g de coke"
Le 25 février dernier, il n’est pas tout à fait 18 h 30, dans le centre de Beaumont, commune de la proche agglomération de Clermont-Ferrand, lorsqu’un jeune homme, âgé de 20 ans, est coincé, puis maîtrisé par quatre individus, avant d’être violemment poussé dans une Citroën C4.
Durant près de deux heures, au fil d’un périple jalonné de coups, de violences, de menaces et d’insultes diverses de la part de ses quatre ravisseurs, aujourd’hui âgés de 18 et 19 ans, la victime sera conduite à Romagnat, Beaumont, Ceyrat ou encore Orcines.
Le calvaire de l’otage prendra fin lorsqu’il aura l’idée de demander à être conduit chez son père, à Romagnat, « où il y a de l’argent ». Ses geôliers le déposeront devant la maison familiale, où il se réfugiera… La petite bande, se doutant qu’il ne ressortira pas, décide alors de prendre la fuite.
Aussitôt alertés, les gendarmes escorteront ensuite le père et son fils jusqu’au CHU Gabriel-Montpied. De nombreuses lésions sont relevées sur le corps du jeune homme, entraînant six jours d’ITT.
Des attitudes de « petits mafieux »Face au tribunal correctionnel clermontois, devant lequel ils étaient jugés, ce vendredi, en renvoi de comparution immédiate, les quatre prévenus se perdent dans des explications confuses, tentant de convaincre les magistrats qu’une nébuleuse histoire d’insultes que la victime (*) aurait proférées à leur encontre sur les réseaux sociaux serait à l’origine du rapt.
Or, il ressort de l’enquête que les quatre complices auraient, dès le départ, exigé de leur otage – par ailleurs connu pour naviguer dans le milieu des stupéfiants, tout comme ses ravisseurs – « la remise de 10.000 euros ou de 300 g de coke » en échange de sa libération.
« Ce jour-là, l’association des quatre prévenus n’a tiré personne vers le haut et personne n’a brillé par son intelligence », a résumé le procureur de la République, Bruno Fauh. « Même si la victime n’est pas la personne la plus sympathique qui soit, il y a des comportements inacceptables, des attitudes de petits mafieux. »
Mandats de dépôt requis par le procureurN’ayant « pas envie de faire de différences » entre les quatre, il a requis à leur encontre dix-huit mois de prison, dont trois assortis d’un sursis probatoire, demandant qu’ils soient tous placés sous mandat de dépôt à l’audience.
Cette dernière partie des réquisitions a aussitôt amené les trois avocates de la défense, Mes Naïma Hizzir, Naïma Chabane et Caroline Bénézit, à demander au tribunal de prononcer « des peines mixtes, avec une partie ferme aménageable, mais surtout pas d’incarcérations immédiates ».
Les magistrats sont allés dans ce sens en les condamnant tous les quatre à deux ans de prison, dont un ferme, qui sera aménagé ultérieurement par un juge de l’application des peines. Au grand soulagement des quatre prévenus...
Christian Lefèvre
(*) Elle n’était ni présente, ni représentée à l’audience.