Iran : qui sont les quatre ressortissants français qui restent encore détenus ?
Un vrai soulagement pour l’Hexagone. Le Français Benjamin Brière et le Franco-irlandais Bernard Phelan, emprisonnés en Iran, ont été libérés ce vendredi 12 mai. "Ils seront à Paris ce soir où ils seront accueillis par leurs familles", a annoncé la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna. Elle a également remercié "tous ceux qui ont œuvré à leur libération".
Benjamin Brière, 37 ans, avait été arrêté en mai 2020 après avoir pris des "photographies de zones interdites" avec un drone de loisirs dans un parc naturel. Condamné à huit ans de prison pour "espionnage", il avait été acquitté mi-février mais maintenu en détention. Il est aujourd’hui très diminué par une grève de la faim. Quant à Bernard Phelan, 64 ans, il a été incarcéré en octobre 2022 alors qu’il voyageait dans le cadre de son activité de consultant en tourisme. Il était accusé d’atteintes à la sécurité nationale. Malgré ces libérations, quatre ressortissants français restent détenus en Iran. L’Express fait le point.
Cécile Kohler et Jacques Paris, arrêtés en mai 2022
Plus d’un an que Cécile Kohler et Jacques Paris sont détenus en Iran. Le 7 mai 2022, ce couple de Français a été arrêté et accusé d’espionnage. Les proches de Cécile Kohler dénoncent un emprisonnement "arbitraire et sans fondement" et disent n’avoir "aucune information sur le dossier" ou sur "un éventuel procès".
Cécile Kohler, 38 ans, et son compagnon Jacques Paris, 69 ans, étaient partis découvrir l’Iran pendant les vacances de Pâques. Ils n’étaient supposés rester qu’une dizaine de jours. Originaire d’Alsace, Cécile Kohler est professeure de lettres modernes et syndicaliste. Jacques Paris, lui, est un ancien professeur de mathématiques d’un lycée nantais.
Tous deux sont détenus à la prison d’Evin dans le nord de l’Iran. Selon leur comité de soutien, Cécile Kohler n’a eu en un an "que trois contacts avec sa famille, le dernier datant du 17 avril", lors d’appels de "quelques minutes" et "sous haute surveillance". Ses proches se disent très inquiets pour sa santé.
Louis Arnaud, arrêté en septembre 2022
Louis Arnaud, touriste français de 35 ans, a été arrêté à Téhéran le 28 septembre 2022. Détenu à la prison d’Evin, "il souffre de conditions de détention extrêmement rudes […] ce qui nous fait craindre de très lourdes répercussions physiques et psychologiques", a alerté un comité de soutien.
Louis Arnaud est consultant dans le secteur bancaire. Passionné de voyages, il est "un simple citoyen du monde, qui souhaite le parcourir pour mieux le connaître et le comprendre", ont assuré ses parents dans un communiqué. Ils ont ajouté que leur fils "n’a pris part à aucune manifestation, ni exprimé d’idées hostiles à l’Iran, à son gouvernement ou à l’islam" qui auraient pu motiver une arrestation.
Louis Arnaud avait recommencé à voyager en juillet 2022, après la pandémie de Covid-19. Il avait pour projet de faire le tour du monde en passant par l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Géorgie et l’Arménie, pour arriver en Iran début septembre.
Fariba Adelkhah, arrêtée en juin 2019
Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne, a été arrêtée en Iran en juin 2019. Condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, elle a finalement été libérée en février 2023. Elle a toujours interdiction de quitter le pays.
Âgée de 64 ans, Fariba Adelkhah est anthropologue et spécialiste du chiisme et de l’Iran post-révolutionnaire. Directrice de recherche à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, elle a été arrêtée avec son compagnon, Roland Marchal, également chercheur. Ce dernier a été libéré en mars 2020.
Depuis des mois, la France dénonce ces détentions arbitraires, qu’elle considère comme des "otages d’Etat". D’autres pays européens et des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de détenir des dizaines d’étrangers dans une stratégie de chantage à l’Occident. "Nous allons continuer à travailler à la libération de nos ressortissants […] et de tous les ressortissants européens, trop nombreux hélas, détenus sans raisons en Iran", a assuré Catherine Colonna.