Quel avenir pour l'ex-Pôle viandes de Bourganeuf (Creuse) après sa nouvelle liquidation judiciaire ?
C'était attendu, mais la décision n'en représente pas moins un coup dur. Mercredi, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation de la société Paysans et Consommateurs à Saint-Dizier-Masbaraud, autrefois connue sous le nom de "Pôle viande de Bourganeuf".
« Avoir travaillé pendant cinq mois (*) et finir comme ça, avec 40 éleveurs qui se retrouvent sans salle de découpe, oui, c'est décevant », a réagi Jérôme Orvain, un des principaux porteurs du projet. Mais lui comme les membres restants de l'ex-Pôle viandes veulent encore y croire. « Il faut qu'on fasse une proposition de reprise. Je bosse sur les statuts d'une association et après, on fait appel à l'État, aux collectivités et tous ceux qui veulent bien se joindre à nous sur ce projet. Il nous faut un diagnostic financier, d'activité, énergétique. Et il nous faut aussi de l'ingénierie. »
Avant la liquidation de Paysans et consommateurs, seule la Région Nouvelle-Aquitaine s'est manifestée officiellement pour soutenir le projet, mais en conditionnant son aide à celle que devraient apporter d'autres acteurs, publics comme l'État, mais aussi des acteurs privés. Jointe ce vendredi par téléphone, la préfète de la Creuse Anne Frackowiak-Jacobs a d'ailleurs insisté sur ce point.
« Le plan de financement ne comportait que des financements publics. Je ne peux pas engager des fonds sur une activité privée, portée par un acteur privé, sans qu'il y ait des financements privés. »
La préfète relève également que Paysans et consommateurs n'a pas fourni à l'administration certains éléments nécessaires, selon elle, pour jauger de la fiabilité du projet. Comme le « tonnage nécessaire à l'équilibre financier » ou encore la réalisation d'une « étude de marché fiable ».
Anne Frackowiak-Jacobs indique par ailleurs qu'il n'existe pas « d'enveloppe cachée » de fonds publics, comme en réponse à la lettre ouverte que lui avait adressé la députée de la Creuse, courant avril. Dans celle-ci, Catherine Couturier demandait à la préfète de puiser dans le Plan particulier pour la Creuse. Dont l'enveloppe est officiellement clôturée depuis fin 2022.
Une rencontre prévue fin maiLa préfète « regrette que cet outil déjà très largement subventionné » n'ait pas trouvé son équilibre financier et craint « qu'il ne soit vendu à la découpe à d'autres groupes et que l'activité ne perdure pas sur le site. » Elle a donc proposé une nouvelle rencontre, d'ici à la fin mai, avec les acteurs du projet.
(*) En fin d'année dernière, la société coopérative "C'est qui le patron", qui avait repris le Pôle viandes après une première liquidation judiciaire début 2022, avait alerté sur les difficultés financières du site.
Daniel Lauretdaniel.lauret@centrefrance.com