Loup abattu en Corrèze : les éleveurs soulagés mais ils restent vigilants
C'est par un "ouf de soulagement" que Tony Cornelissen, le président de la Chambre d'agriculture de Corrèze a appris, ce vendredi 12 mai au matin, qu'un loup avait été tué jeudi soir sur une exploitation de Tarnac en haute Corrèze. L'animal a été abattu par un "binôme de lieutenants de louveterie, dans le cadre d'une opération de tir de défense simple autorisée par le préfet, autour d'un troupeau d'ovins protégé", indique le communiqué de la préfecture.
« Un groupe d’éleveurs installé sur les communes de Meymac, Tarnac, Chavanac… a été très touché par les attaques et depuis plusieurs mois, avec les lieutenants de louveterie, ils traquaient le loup, explique Tony Cornelissen, président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze. Ils le pistaient la nuit, en plus de leur travail. Ils ont été rejoints par les lieutenants de louveterie qui ont fait le tour des fermes. Ils ont veillé la nuit, ils ont fait un travail fastidieux..."
Changement de stratégieAvant d'expliquer un changement de stratégie payante jeudi soir : "Jusque là ils se postaient toujours au même endroit et finalement ils ont choisi de changer de coin. L'agriculteur de Tarnac a déplacé son troupeau et les lieutenants de louveterie se sont placés un peu plus loin et c'est là que le loup est venu. Il a été abattu alors qu'il allait passer à l'acte".
Pour Tony Cornelissen qui estime que depuis janvier "on compte cinquante attaques officielles sur le plateau de Millevaches en Corrèze et Creuse mais nous pensons qu'il y en a en réalité le double parce qu'il y a eu des attaques sur les veaux que l'Office français de la biodiversité (OFB) n'attribue pas au loup", l'abattage de l'animal est "un soulagement".
Un soulagement pour les éleveurs mais..."Les éleveurs ont tellement souffert de toutes ces attaques. Ils ont traqué le loup, ont travaillé ensemble, la Chambre d'agriculture les a aidés mais cela n'aboutissait pas et là, un loup est attrapé. Cela nous permet de dire aux jeunes qui voulaient s'installer et qui hésitaient à cause du loup et du risque pour le cheptel, que des choses sont faites. Cela donne un peu de baume au coeur même s'ils sont sûrs qu'il y a d'autres loups... Des petits ont été filmés."
Pour la Chambre d'agriculture qui demande, sans succès, le classement du territoire en zone difficilement protégeable, ce dernier reste une "nécessité. Si on laisse le loup s'installer sur le territoire, c'est la fin de l'élevage en plein air, la fin du modèle d'élevage corrézien. On ne peut pas s'habituer à vivre avec le loup..."
Estelle Bardelot