L'Europe pour sauver la saison, départ de Jean-Michel Aulas... Lyon à la croisée des chemins au moment de défier Clermont
La (petite) histoire du ballon se souviendra que c’est pour un match à Clermont que l’Olympique Lyonnais se présentera dimanche sans Jean-Michel Aulas à la tête de l’OL. Une première depuis… 1987 et une révolution à l’échelle du foot français et plus encore du club rhodanien.
Un bouleversement XXL qui intervient au cœur d’un nouvel exercice très compliqué pour l’OL, qui n’arrive plus à jouter avec les meilleures équipes de Ligue 1 jusqu’à être écarté des coupes d’Europe ces dernières saisons. Et ce malgré un budget de 250 millions d’euros, le deuxième de L1 derrière l’inclassable PSG, gavé par le Qatar (700 M€).
À Lyon, le climat est fielleux depuis plusieurs années. Sur et en dehors du terrain. Les dérives des pseudo-supporters, dont certains groupes identitaires, sont devenues un cancer lancinant autour d’un parc OL de Décines qui, au-delà d’être un superbe outil de travail, n’en reste pas moins sans âme, loin de celle qui prévalait à Gerland.
Côté sports, ce n’est pas beaucoup mieux. Les coaches, comme Sylvinho ou Bosz, se sont cassé les dents. Arrivé en octobre dernier, Laurent Blanc semblait suivre le même chemin de croix, en butte à un effectif qui a paru réfractaire et/ou peu concerné, à l’image d’un Houssem Aouar devenu fantomatique.
Sauf que le champion du monde 1998, à la faveur de trois derniers mois de bonne facture – bien aidé en cela par le surplace de Lille et Rennes – peut espérer sauver les meubles et qualifier in extremis Lyon pour l’Europe.
Textor a tenté de rassurer. Mais sa révolution de palais percute le réveil sportifAujourd’hui, l’OL est revenu à hauteur du Rennes de Genesio alors que le LOSC ne compte plus que trois points d’avance. Le tout à quatre journées de la fin. Un scénario que personne n’imaginait vraiment il y a encore quelques semaines. Tout est donc réuni pour un final haletant, à l’image de l’incroyable retournement de situation face à Montpellier le week-end dernier (5-4, après avoir été mené 1-4 à l’heure de jeu). Surtout que Lille et Rennes ont encore perdu !
Oui mais voilà, la bombe Jean-Michel Aulas a éclaté dans la foulée, alors qu’il était prévu lors de la vente à Textor que le Commandeur serait encore en place pour trois ans. Mais le « Ricain » – qui a déboursé 800 M€ pour acheter le club – en a décidé autrement pour le pousser vers la sortie et lui offrir un poste honorifique de président d’honneur qui ne trompe personne (*)…
Une mise à l’écart soudaine qui a mis le feu aux poudres au sein du club (chez les salariés notamment) et plus largement entre Rhône et Saône. Cela a obligé le big boss à improviser mardi soir une conférence de presse.
Textor a tenté de calmer le jeu… Mais quel sera l’impact d’un tel séisme sur la fin de saison ? La rumeur autour d’un changement de coach arrive au pire moment. Vraie ou fausse, elle ne fait que polluer un environnement déjà vicié. Bruno Cheyrou, qui chapeautait la cellule recrutement, va sauter. Un nouveau directeur général est aussi attendu.
Lyon ne pouvait-il pas attendre quelques jours avant de s’offrir cette révolution de palais ? Trop tard. Reste à savoir si le sportif saura s’extraire de tout ce remue-ménage ? Premiers éléments de réponse dimanche (13 heures) à Clermont.
(*) Selon l’AFP, Jean-Michel Aulas percevra un peu plus de 24 millions d’euros d’indemnités.
Valéry Lefort