En Creuse, les Restos du cœur voient leur nombre de bénéficiaires augmenter mais leurs équipes diminuer
Les Restos de la Creuse ouvrent leur cœur… Et leurs portes le week-end dernier. L’association créée par Coluche en 1985 s’est lancée dans une opération portes ouvertes samedi 6 et dimanche 7 mai dans sept de ses centres du département (Aubusson, Auzances, Boussac, Chambon, Clugnat, Royère et La Souterraine). Opération réitérée ce week-end du 13 et 14 mai. Objectif : faire découvrir l’action sociale des Restos du cœur sur le territoire. Mais aussi trouver de potentiels futurs bénévoles.
Qui sont les bénévoles des Restos du Cœur en Creuse ? (2022)
147.200 repas servis entre novembre et marsEn effet la réalité du terrain est impitoyable. Les Restos manquent de bras. Tandis que le nombre de bénéficiaires, lui, est en hausse constante. Sur l’ensemble de la Creuse, 147.200 repas ont été servis sur la période hivernale 2022-2023 (de novembre à mars). Soit une hausse de 34 %. Et ce, avec le même nombre de bénévoles. Un véritable problème selon Martine Haidon, présidente élue en octobre dernier :
Nous sommes 162 bénévoles sur l’ensemble du département. Nous avons la volonté de mettre plusieurs choses en place comme un camion itinérant. Mais c’est impossible si on n’a pas les bénévoles dédiés à cette action
L’objectif de ces portes ouvertes est donc bien là : remplumer les rangs des Restos du cœur. « Dans l’idéal on aurait besoin de 20 à 30 personnes de plus », insiste Martine Haidon. Un moyen de mettre en place de nouveaux types d’actions - comme le service itinérant - mais aussi de venir combler des postes clefs. Chargé d’approvisionnement, animateur de centre, chargé de communication… La présidente des Restaurants du cœur en Creuse le souligne :
C’est très bien de voir des bénévoles motivés par la distribution de repas. Mais nous avons aussi besoin que certaines missions précises et des responsabilités soient remplies
Exemple concret : la comptabilité. « Notre comptable s’en va bientôt et nous aurons besoin de le remplacer », s’inquiète Martine Haidon. Le casse-tête pour la dirigeante réside donc dans le remplacement de ses postes à compétences spécifiques :
On ne s’improvise pas comptable. Il faut trouver des gens avec ces compétences
Seulement voilà, ces savoir-faire spécifiques ne courent pas les rues. « Surtout en Creuse où nous n’avons pas le même bassin que d’autres territoires ». Deuxième casse-tête : attirer la jeunesse. « Actuellement la moyenne d’âge de nos équipes est de 58 ans », affirme Martine Haidon. Toutefois, un certain nombre de ses collègues sont amenés à s’en aller après plusieurs années de bons et loyaux services aux Restos du cœur.
Ajuster et adapter le fonctionnement des centres de distribution avec les nouveaux profilsDans ses équipes, la présidente compte bien quelques jeunes en service civique ou bien des personnes accueillies dans le cadre de travaux d’intérêt général. Ce qui est une bonne chose pour Martine Haidon. À présent, l’idée est aussi de cibler les jeunes actifs. Et pour cela « il est certain qu’il faudra s’adapter, assure la dirigeante des Restos en Creuse. Quoi qu’il en soit, il faudra ajuster certains fonctionnements dans nos centres pour coller avec ces nouveaux profils ». Nouveau week-end de portes ouvertes samedi et dimanche à Guéret, donc. Un bon moyen de trouver de nouveaux bénévoles. Mais aussi de montrer que 40 après sa création, les Restos sont - malheureusement - plus actifs que jamais.
Pratique. Opération portes ouvertes au siège de l’association de 11 heure à 16 h 30. 31 rue Cher-du-Prat à Guéret.
Dans ce cadre, un établissement du centre de Guéret s’est lancé dans une collecte au profit de l’association. Le Hops Stage, bar de la place du marché, est donc en collecte depuis jeudi dernier. Et ce, pendant deux semaines.Le point d’orgue de cette action sera certainement la soirée du jeudi 11 mai. Lucas Branchu, le gérant de l’établissement, prévoit une soirée spéciale. « On va faire venir un DJ guérétois. Et un chariot sera placé pour recevoir les dons de nos clients. » Ajoutez à cela la somme de tous les pourboires récoltés durant ces deux semaines et un don du Hops Stage lui-même. À terme, le commerçant aimerait voir se propager cette initiative auprès de ses collègues de la place du marché. Et pourquoi pas, au-delà même de Guéret ?
Léo Candas
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