Une association auvergnate reconstitue un camp militaire américain pour commémorer le 8 mai 1945
On se serait cru en 1945. Mais nous étions bien en 2023. Tout le week-end, l’Association des collectionneurs de véhicules militaires d’Auvergne (ACVMA) a investi le camping du Pont-Astier, à Orléat. Dans le cadre de la commémoration du 8 mai 1945, ils étaient une trentaine à se retrouver pour reconstituer un camp militaire américain, dans lequel chaque détail était soigné.
Les membres de l'association ont fait fonctionner une cuisine mobile d'époque.
Samedi 6 mai, l’heure était à l’installation. Des couchages aux grandes tablées, en passant par les cuisines mobiles, les tenues d’époque ou encore les reproductions d’armes en tout genre… Rien n’est laissé au hasard. « Ce n’est pas commun ici », s’amuse le propriétaire du camping, en regardant passer le défilé de véhicules, tous plus imposants les uns que les autres, dans ses allées. Pour cette association de passionnés, c’est l’occasion, comme plusieurs fois dans l’année, de sortir ses plus belles pièces de collection.
"Notre but est de réunir des gens qui ont une passion pour le matériel d’époque de la Seconde Guerre mondiale, essentiellement pour le matériel américain"
Dans le vacarme des moteurs et l’odeur du carburant, entre les Jeeps et les Dodges, un engin plus imposant que les autres est en train d’être manœuvré.
Originaire de Billom, Jean-Baptiste Goncalves possède un camion blindé semi-chenillé.
"C’est un half-track, un véhicule blindé de transport de troupes qui permettait d’aller au plus près du front", décrit Jean-Baptiste Goncalves, le propriétaire de ce camion semi-chenillé. À 35 ans, ce passionné d’Histoire et de mécanique a acheté ce véhicule de 9 tonnes à un ancien membre de l’association, aujourd’hui décédé.
Julien Durif a investi il y a trois ans dans son premier véhicule : un poids-lourd GMC CKKW 353.
"À l’époque, c’était beaucoup plus simple de trouver de bonnes occasions. Aujourd’hui, cela coûte plus cher", explique Jean-Baptiste Goncalves, dont l’arrière-grand-père avait été fusillé lors de la rafle de Billom.
Des dizaines de véhicules ont investi le camping du Pont Astier à Orléat.
Devoir de mémoireSur l’emplacement voisin, Théo, le benjamin de l’association, s’affaire à monter une tente et à installer des lits de camp. "Il n’a presque pas besoin de moi, fait remarquer son père, Cyril Taillandier. J’ai la chance d’avoir un fils qui partage les mêmes passions que moi, aussi bien pour les reconstitutions que pour la mécanique. Il me suit depuis qu’il a 7 ans."Originaires de Cébazat, Cyril et son fils Théo partagent la passion des reconstitutions historiques et celle de la mécanique.
Aujourd’hui, Théo est âgé de 15 ans. « C’est à cet âge que les parachutistes s’enrôlaient », ajoute l’adolescent, incollable sur le conflit. C’est d’ailleurs en parachutiste de la 101e division qu’il a choisi de s’habiller hier, pendant les commémorations à Lezoux et Orléat, auxquelles le groupe a participé.
Le jeune homme de 15 ans maîtrise l'installation du campement militaire.
Un vent de jeunesse pour cette association créée il y a 32 ans, qui compte bien faire perdurer le devoir de mémoire encore longtemps.
À noter - L’ACVMA sera présent le 24 juin à Saint-Jean-d’Heurs pour la cérémonie de la Rapine, et le 25 août à Thiers, pour la commémoration de la libération de la ville.
Fiona Farrell