Changement à la présidence, "affaire Vahaamahina"... Retour sur la drôle de semaine vécue par l'ASM Clermont
« Depuis que je suis arrivé, en janvier, des infos, il y en a eu pas mal ici ! On s’habitue », a lâché l’œil goguenard Christophe Urios, samedi après avoir livré son analyse du succès de son équipe.
Il faut dire que la semaine qui vient de s’écouler n’a pas été avare de remous. En tout début de semaine, fuite déjà l’info sur un passage de témoin à la gouvernance en fin de saison. Annonce rendue officielle le mardi soir au terme d’un Conseil d’administration qui a validé le passage de témoin entre Jean-Michel Guillon et Jean-Claude Pats le 1er juin prochain.
Christophe Urios a-t-il vu arriver le coup quand il a débarqué en janvier ? « J’ai un peu d’expérience, je vois et je respire les choses. J’avais bien vu que ça pouvait arriver. Après l’avoir rencontré une première fois, Jean-Michel (Guillon) me fait rencontrer ensuite Jean-Claude (Pats)… c’est plutôt assez rare dans une négo », déclarait en fin de semaine le coach, sourire en coin.
« Je retiendrais toujours que c’est Jean-Michel Guillon qui m’a fait venir à Clermont »Pour autant, Urios n’oubliera pas à qui il doit sa signature à l’ASM. « Jean-Michel a été extrêmement clair avec moi et je ne me sens pas du tout trahi, comme il l’a dit d’ailleurs. Je sentais que son départ était possible parce que, aussi, son mandat a été très mouvementé, ça lui pesait. Et je retiendrai toujours que c’est Jean-Michel Guillon qui m’a fait venir à Clermont ».
Le manager clermontois va devoir désormais composer avec Jean-Claude Pats, dans une relation qui pourra se mettre en place dès cet été. Sur le sujet du duo président - entraîneur, Christophe Urios s’était confié dans nos colonnes le 24 mars. « Le Top 14, c’est une jungle et pour en sortir vivant, il faut que le président et le manager soient très solides et très soudés ».
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Entre le futur président et son manager, les premiers échanges ont déjà eu lieu. « Je ne le connais pas beaucoup, explique le coach. C’est un vrai supporter de l’ASM, ça fait 10 ans qu’il est derrière les poteaux, à côté de la grosse caisse comme il aime à le dire. J’ai eu l’occasion d’échanger longuement, j’ai pu lui dire comment je voyais les choses. Aujourd’hui, c’est quelqu’un qui prend ses marques, qui analyse beaucoup et qui a une idée précise de ce qu’il veut faire. De prime abord, de par sa stature et son poste chez Michelin, c’est quelqu’un qui donne confiance. Après, comme pour un entraîneur, c’est le terrain qui parlera », a souligné le coach de l’ASM en évoquant Jean-Claude Pats.
Outre ce changement de gouvernance, la semaine s’est donc poursuivie avec « l’affaire » Vahaamahina : interdiction définitive de jouer prononcée par la FFR, suite à sa commotion et ses conséquences subies en décembre et, surtout, un entretien du joueur paru chez nos confrères L’Équipe, particulièrement à charge contre l’ASM.
On a fait le choix de ne rien dire, le match était à 15 heures, ça va vite. Non, je n’ai pas eu peur que ça perturbe le groupe
Samedi, on a interrogé Christophe Urios sur la gestion de cette nouvelle « information » concernant son club, dans l’avant-match face à Paris. « Vendredi, quand on a su que ça allait sortir, on s’est posé la question ; qu’est-ce qu’on fait ? Forcément que quelque part ça impacte. On a fait le choix de ne rien dire, le match était à 15 heures, ça va vite. Non, je n’ai pas eu peur que ça perturbe le groupe ».
Ni le changement de gouvernance, ni le fracas provoqué par la sortie médiatique d’un de leurs partenaires n’ont finalement affecté le rendement des joueurs clermontois. Après une semaine tourmentée, il a donc fait grand bleu, samedi face au Stade Français.
Et Urios de conclure, « il s’en passe des trucs ici, mais ça va bien finir par se stabiliser ».
Christophe Buron