La journée festive au puy de Dôme bien douchée mais pas coulée : images et récits d'une montée épique!
Au départ, coiffés par le brouillard, mais encore au sec entre 6 h et 7 h 30, ils étaient bien 400 cyclistes, plus une cinquantaine d’élus et partenaires à partir pour une exceptionnelle montée jusqu'au sommet du puy de dôme. Ni le déluge promis, ni le départ matinal obligatoire, ne les auraient empêchés de monter sur les pédales pour gravir le volcan : 5 km depuis l'arche située au péage du train, jusqu'à celle installée à 1.415 m, là où le Tour de France 2023 sacrera le quatorzième vainqueur de l'étape et premier depuis 1988.
CYCLISME / CYCLISTES
Passer au même endroit que les pros, c'était quelque chose de sympa à faire. Et pour moi qui suis volcanologue ici, c'était aussi quelque chose qui me tenait vraiment à cœur.
"Je suis volcanologue au laboratoire Magmas et volcans, alors c'était sympa à plusieurs titres", lâche le Chamaliérois Mathieu Gouhier, parti parmi les premiers et redescendu trempé avec tous les cyclistes, après une attente forcée de plus d'une heure dans le mauvais temps qui l'a cueilli au sommet.
Dans la redescente groupée dantesque qui a ramené les coureurs au pied du puy de Dôme, le cyclo-scientifique n'était pas le seul à trembler comme une feuille : bon à essorer! Mais ravi. Sous les couleurs de l'Étoile cycliste de Clermont-Ferrand, il voulait le faire sous les 30 minutes ; il en a mis 28. "Content".
La montée, c'est comment?"Quand je suis parti, avec les premiers, vers 6 h 15, le ciel était encore dégagé." Pas facile pour autant?! "On est tout de suite dans le dur! On part avec une pente à 15%. On n'est jamais en dessous de 12% : il n'y a pas de répit. Le plus dur, c'est la dernière rampe près du sommet. J'étais au taquet, avec mon compteur qui affichait une pente à 18%. On est debout sur les pédales. Obligé !"
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"Je suis arrivé là-haut avec le brouillard, mais on a été très bien accueillis avec la photo, le café et un jus. Ça s'est couvert une demi-heure plus tard".
"Ça s'est en effet un peu gâté pour les suivants. Mais pas question de lâcher. D'ailleurs, aucun de ceux que l'on a interrogé n'a cédé. Sauf l'un des six copains de Geoffrey Jarrige et Alexis Lussert, partis en amateurs à 7 h 30 "pour cette montée mythique". Mais lui, s'il a dû s'arrêter, c'est parce que le vélo a cassé.
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Malgré l'épreuve et le mauvais temps qui commençait à s'installer, tous ne parlent de la côte en groupe que comme du " meilleur moment".
"Le plus dur, c'est la fin!"L'arrivée est raide au puy de Dôme. Les pros qui la grimperont en juillet le savent déjà. Les autres en ont fait l'expérience en se faisant cueillir par la pluie. De quoi pousser au taquet le groupe de cinq Clermontoises parties vers 7 h 15. Habituées à rouler ensembles, elles n'avaient pas l'intention de laisser le mauvais temps les spolier.
La pluie n'a pas non plus raté son arrivée. Les derniers au sommet ont étédouchés sur cales-pieds. Les premiers ont dû attendre pour certains presque une heure sous la pluie faute d'espace ouvert en dehors de la gare du Panoramique des Dômes pour les abriter.
"On a lâché les vélos et on est allés se mettre au sec dans les WC" avouent trois copains qui ont dû se faire violence pour remonter en selle et affronter une redescente "dantesque dans le brouillard avec la pluie et le vent".
De surprises en surprises. Les quatre rames du Panoramique des Dômes ont un nouvel habillage. Ce dimanche matin, le président du Département Lionel Chauvin et le directeur de TC Dômes Nicolas Tournebize ont dévoilé leur décor renvoyant aux maillots du Tour : jaune pour le leader, à pois pour le meilleur grimpeur, et vert pour le sprinter. Devant la gare de départ, un nouveau spot "#TourdeFrance" a été installé pour se prendre en photo et les relayer sur le compte Instagram @département63. Le pique nique prévu a dû être annulé, mais la Randonnée solidaire de la Ligue contre le cancer a attiré près de 400 marcheurs sur le chemin des Muletiers (photo). Et à partir de 22 heures ce dimanche soir, au sommet ou visible sans y monter, une surprise est promise. Elle sera réitérée tous les soirs pendant 63 jours.
On retrouve nos cinq filles détrempées, transies, mais ravies presque deux heures après leur départ. "La montée était difficile. Je ne pensais pas en être capable. Mais ça se fait !", raconte Sophie Pontud. Au sommet, à l'arrivée : "On a jeté le vélo et on est allées se mettre à l'abri!"
Tous aux abris, c'était un peu le mot de l'arrivée en bas sous une pluie battante. En jean et T-shirt jaune Tour de France, après montée et redescente en vélo avec assistance électrique, le président du Conseil départemental, Lionel Chauvin, faisait presque figure d'extra-terrestre à saluer les participants sans grelotter.
Journée festive et solidaire
Anne Bourgesanne.bourges@centrefrance.comFollow @a_bourges