"J'ai fait un crédit en cachette pour tenter de rembourser" : Paul, 26 ans a tout perdu aux jeux
« Tout est parti d’une sortie au casino entre amis. On jouait à la roulette. Je perdais de l’argent. Pour le récupérer, je me suis mis à jouer de plus en plus. » D’une fois par week-end, le Clermontois fini par s’y rendre quatre fois par semaine. Compulsif, le jeune homme dilapide près de 3.000 euros. C’est sa banque qui le stoppe. « Ils m’ont bloqué de partout. J’ai été obligé d’arrêter. » Alors qu’il se pense sorti d’affaire, une nouvelle tentation surgit : celle des paris sportifs. L’addition est lourde : « J’ai perdu près de 8.000 euros. » À découvert, son établissement bancaire sonne la fin du jeu. « Ils m’ont de nouveau bloqué mes comptes. À chaque fois, c’est la même chose, je comprends que c’est grave quand je suis coincé… »La troisième fois sonne le glas de son addiction. Le Puydômois joue seul au poker en ligne et perd près de 12.000 euros. Pour ce salarié de Michelin, débute un chemin de croix : « J’étais obsédé par mes pertes d’argent. J’étais ailleurs. »
Spirale infernale et idées suicidairesDépressif, Paul ment, dissimule ses pertes. « Jusqu’au jour où ma femme est tombée sur une lettre. J’avais fait un crédit en cachette pour tenter de rembourser… » S’il a pu compter sur ses proches et l’aide du service addictologie du CHU, il peine aujourd’hui à regagner la confiance de son épouse : « Elle a peur que ça recommence. Je n’ai pensé qu’à moi. »
S’il avoue avoir eu des idées suicidaires, Paul a aujourd’hui sorti la tête de l’eau et appris à se détourner des tentations. « Je ne sors jamais avec plus de 20 euros sur moi, je me suis fait interdire de casino, j’évite de passer devant des tabacs et ma femme surveille mes comptes. » Et si l’envie de jouer est trop forte, le Clermontois bricole. « J’occupe mon esprit à autre chose. Et ça marche ! » La gorge nouée de remords, il conclut : « Vous imaginez tout ce que j’aurais pu faire avec ces 23.000 euros perdus ? »
Carole Eon