Canada : à la rencontre des "Premières Nations"
Au temps où la glace recouvrait la terre, l’ours blanc venu du nord eut pitié des hommes et les adopta. Ainsi naquit le premier clan. Puis le loup arrivé de l’est fit de même et forma la deuxième tribu. Le bison blanc à l’ouest en créa une troisième, et ainsi de suite. Tel est en tout cas le mythe fondateur des Anichinabés sachant qu’il en est bien d’autres au Canada, où l’on recense plus de 700 communautés aux langues, croyances et modes de vie différents.
Il existe plusieurs façons d’aller à leur rencontre. La gastronomie en est une, qui varie d’une région à l’autre : bélouga du Grand Nord, saumon cuit dans le sable sur la côte Pacifique, steak de bisons dans les plaines, ours et phoques au Québec.
Fréquenter les parcs patrimoniaux en est une autre. Sur l’île Graham (Colombie-Britannique), le Haida Heritage Centre dévoile les liens qui unissent ce peuple à la mer et au cèdre rouge, "l’arbre de vie", avec lequel il fabriquait des cordes, des vêtements, des canoës et les célèbres totems. S’il pratiquait la chasse à la loutre de mer et l’otarie, il épargnait en revanche la baleine - une exception dans cette zone. Au fil de la sédentarisation, une société de classe s’était organisée, avec ses élites et ses esclaves.
Rien de tel chez les Wendats originaires des Grands Lacs qui suivaient les règles matrilinéaires. Essentiellement cultivateurs, ils établissaient des villages provisoires et déménageaient quand les sols devenaient trop pauvres. Les habitants d’un hameau étaient tenus d’aider leurs voisins.
Le site de Wendake, près de Québec, accueille ses hôtes pour écouter les contes, passer la nuit dans une maison longue traditionnelle ou s’initier à la fabrication des bâtons de parole qui régulaient les débats dans les conseils. Celui de Wanuskewin, près de Saskatoon (Saskatchewan), est consacré aux Cris. Occupé depuis six mille ans, il abrite les plus anciennes fouilles archéologiques du Canada : cercles de tipi, cairns de pierre et une roue de médecine. De 30 mètres de diamètre, celle-ci servait tant pour les rituels des sages que dans la vie courante, pour calculer le temps par exemple.
Parcourir ces lieux de mémoire constitue la meilleure façon de s’immerger dans la culture indigène grâce aux activités de sculpture, de tissage ou de tannage des peaux. Pour apprendre aussi l’astronomie ou l’usage des herbes médicinales comme le foin d’odeur qui soulage les rhumes et maux de gorge.
C’est enfin le moyen de participer à la réconciliation nationale en dynamisant l’économie autochtone, après une longue période d’assimilation forcée.
Et aussi… Trois expériences insolites
Vous n’avez jamais dormi en prison ? C’est le moment. A Ottawa, la geôle de Carleton County, rebaptisée Ottawa Jail Hostel, a rénové ses cellules. Transformées en chambres de deux à huit couchages, elles bénéficient de la climatisation et du Wi-Fi. Les murs de pierre et les portes en fer de ce bâtiment de style géorgien, ouvert en 1862, ont été conservés.
A Toronto, c’est un château à l’architecture néogothique qui détonne sur la colline de Davenport. Casa Loma a été construit pour l’homme d’affaires Sir Henry Pellatt, qui en fait sa résidence de 1914 à 1923. En 1933, la ville de Toronto le saisit pour cause de taxes impayées, puis l’ouvre au public en 1937. Il a servi de décor à plusieurs films : Harry Potter et les reliques de la Mort, X-Men ou la série Hemlock Grove.
Capitale du rodéo, Calgary fêtera en juillet les 100 ans du festival qui lui est dédié, le Stampede. Pour une immersion dans la vie des cow-boys, direction le Ranch Bar U. Il a été le plus grand centre de reproduction de percherons dans les années 1900. Un endroit idéal pour s’initier aux méthodes d’élevage d’alors, aux instruments aratoires, au lasso, à la fabrication des selles, au milieu d’édifices d’époque, tels que la forge, encore opérationnels.