"Ils ont tout gâché" : interdit de jouer, Vahaamahina s'en prend violemment aux dirigeants de l'ASM
Après les affaires Cudmore et Lapandry, le club de Clermont se retrouve à nouveau sous les feux d'une actualité dont il se serait bien passé. Sébastien Vahaamahina s'est livré dans un entretien, paru sur le site de lequipe.fr, pour expliquer ce qu'il a toujours refusé de raconter par ailleurs, sur son état de santé depuis cette commotion face aux Stormers en décembre dernier.
Déjà, ce vendredi, l'ASM avait reçu un courrier de la FFR sur la situation médicale de son joueur. Des experts indépendants concluent "à la nécessité d'un arrêt définitif de la pratique du rugby". Cette décision conduit "avec effet immédiat, à la suspension définitive de participation aux manifestations et activités sportives organisées ou autorisées par la FFR".
"J'ai compris que l'ASM avait autre chose à faire que de s'occuper de ses vieux soldats"Au-delà de ses problèmes d'ordre physiques, qu'il raconte depuis ce match qui sera probablement le dernier de sa carrière, le deuxième ligne clermontois crache donc son venin sur le club et son président Jean-Michel Guillon qu'il accuse de silence après lui avoir écrit.
"En février, j'ai écrit une lettre de quatre pages au président (Jean-Michel Guillon) pour lui exprimer mon mécontentement et ma profonde déception concernant l'attitude du club. Un peu plus tard, c'est encore moi qui ai demandé à rencontrer les dirigeants. J'ai compris que l'ASM avait sûrement autre chose à faire que de s'occuper de ses vieux soldats", lâche Vahaamahina dans cette interview.
Entre Sébastien Vahaamahina et l'ASM Clermont, le contact est renoué... mais l'issue est incertaine
Alors que le joueur n'a plus rejoué depuis cette dernière commotion, Vahaamahina remonte le temps et déroule le fil de la pelote en évoquant d'autres KO dont les suites auraient, selon lui, été mal gérées par le club. "À plusieurs reprises, les délais de repos après commotions n'ont pas été respectés. Ils disent et font écrire dans la presse qu'ils protègent leurs joueurs plus qu'ailleurs, que le règlement demande douze jours avant la reprise d'entraînement et que la moyenne à l'ASM est de quasi vingt-trois jours, mais ce n'est pas ce que j'ai vécu. En 2021, par exemple, j'ai subi deux commotions déclarées à sept jours d'intervalle. Si on m'avait laissé plus de temps entre chaque commotion, je serais peut-être toujours en train de jouer", détaille ainsi Vahaamahina sur le site de L'Equipe.
Et pour enfoncer un peu plus le clou, le joueur annonce clairement vouloir faire valoir ses droits. "Soit ils vont me licencier sans respect et sans délai et je devrais recourir à la justice pour faire valoir mes droits et reconnaître leurs torts. Soit on trouve un accord pour que ma santé, mon contrat et leurs devoirs de protection soient respectés".
Le deuxième ligne international conclut l'entretien avec beaucoup d'amertume :
"J'ai dit aux dirigeants qu'ils avaient tout gâché, comme s'ils avaient tout effacé. J'étais programmé pour jouer, pour tout donner et performer. Eux devaient et doivent nous protéger. Les joueurs ont des devoirs, mais aussi des droits. Ils sont pressés d'en finir avec moi. Tout cela est injuste. Ils n'assument pas. On est comme des voitures pour eux. Et quand on est foutu, on part à la casse."
Christophe Buron
(*) Sollicités ce vendredi, ni le joueur ni le club n'ont souhaité réagir à cette affaire.