Ce qu'il faut savoir sur le couronnement, samedi, de Charles III
Les festivités du couronnement du roi Charles se dérouleront pendant trois jours à partir de demain. La plupart des Britanniques n’ont jamais vécu un tel évènement, trop jeunes ou pas encore nés il y a 70 ans au moment du couronnement de la reine Elizabeth II, décédée en septembre dernier à 96 ans. Et l’engouement pour ce nouveau roi de 74 ans qu’ils observent depuis des années, peine encore à se faire sentir. Charles, souvent perçu comme un monarque de transition avant l’arrivée sur le trône de son fils William, hérite d’une monarchie défendue par à peine plus de la moitié des Britanniques (58 %) selon un sondage publié cette semaine. Pour autant, le couronnement se fera dans le respect de la tradition, avec quelques aménagements.
Cérémonie réduite… Le couronnement témoigne de la mollesse de l’enthousiasme, avec une durée réduite à 2 heures devant 2.000 invités (contre 3 heures et 8.000 personnes pour Elizabeth II), dont environ 500 personnes issues de la société civile et choisies pour leur rôle au sein de la communauté.La cérémonie, au rituel fastueux ancré dans près de 1.000 ans d’histoire, se déroulera à 11 heures (10 heures GMT) à l’Abbaye de Westminster, comme le veut la tradition depuis Guillaume le Conquérant en 1066.
Assis sur la pierre du destin… mais traditionnelle. C’est symbolique, la « pierre du destin », pièce centrale du couronnement placée sous le trône, est arrivée à Londres il y a une semaine, transportée spécialement d’Écosse cœur du rituel reste immuable : chef de l’Église d’Angleterre, Charles prêtera serment et recevra l’onction de l’archevêque de Canterbury, ainsi que les attributs royaux. Puis la couronne de Saint-Edouard sera déposée sur sa tête. La reine consort, Camilla, 75 ans, sera également couronnée. Accompagné par près de 4.000 militaires, le couple royal ira en carrosse vers le palais de Buckingham où les membres actifs de la famille royale salueront la foule depuis le célèbre balcon.
Ils seront là mais… Après des semaines de suspense, le palais a fait savoir que le prince Harry serait présent à l’abbaye. Mais sans Meghan et leurs deux enfants, restés en Californie. Comme lui, son oncle, le prince Andrew, en retrait après un scandale sexuel, ne devrait être que spectateur. Les anti-monarchistes, voulant saisir l’occasion de faire entendre sa voix, ont appelé à des rassemblements. Inaudibles sous Elizabeth II, ils gagnent en visibilité et Charles est régulièrement accueilli dans ses déplacements par des manifestants arborant pancartes et t-shirts Not my King (pas mon roi).
De Katy Perry à Emmanuel MacronUne fête et des B.A. L’événement, qui attirera à Londres des milliers de Britanniques et de touristes étrangers, marquera le lancement d’un week-end de célébrations, avec dimanche des fêtes de voisinage et un concert au château de Windsor, boudé par les stars britanniques mais auquel 10.000 Britanniques tirés au sort pourront assister. Katy Perry, Lionel Ritchie, le ténor Andrea Bocelli ou le pianiste Lang Lang seront les têtes d’affiche. Lundi, jour férié commémorant la victoire de 1945, les Britanniques sont invités à faire des actions de bénévolat.
Invités ou pas ? Outre de nombreuses têtes couronnées espagnoles, danoises, néerlandaises, japonaises… de nombreux dirigeants étrangers, comme les présidents Emmanuel Macron, allemand Frank-Walter Steinmeier, philippin Ferdinand Marcos Jr, ou encore la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Premier ministre australien Anthony Albanese et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif. Le président américain Joe Biden sera représenté par son épouse Jill. Parmi les non-invités figure Sarah Ferguson, ex-femme du prince Andrew dont les frasques passées ont souvent embarrassé la famille royale.
Un roi à la tête d'une fortune considérable
Un autre prétendant. Simon Abney-Hastings est le fils d’un agriculteur australien. Invité au couronnement, il sera le seul de l’assistance à pouvoir revendiquer le titre de Roi. Car selon un médiéviste reconnu, Edouard IV (roi de 1461 à 1483) n’était pas le véritable héritier du trône et la ligne de succession aurait dû passer par George, son frère cadet et duc de Clarence, ancêtre direct de Simon Abney-Hastings.
Ça fait débat. L’ensemble des Britanniques et autres populations dont Charles III est le chef d’État seront appelés à faire allégeance au souverain. Le serment « des pairs » jusqu’ici réservé à représentants de la noblesse britannique dont une longue cohorte s’agenouillait devant le roi et lui prêtaitt allégeancen est remplacé par un « hommage du peuple » qui fait déjà grincer des dents. Chacun sera encouragé à répéter ces mots : « Je jure que je prêterai une allégeance sincère à Votre Majesté, ainsi qu’à vos héritiers et successeurs conformément à la loi. Ainsi, que Dieu me vienne en aide »
AFP