2.000 manifestants à Moulins, ce 1er mai, pour la 13e journée de mobilisation
C’est historique pour un 1er mai. C’est également révélateur de l’état d’esprit des Français : la mobilisation ne faiblit pas, en cette 13e journée de manifestation, alors que la réforme est entérinée. Voire, même, la mobilisation est en hausse à Moulins.Pour rappel, il y avait eu, d’après nos estimations, 1.500 manifestants lors de la 12e journée (jeudi 13 avril) et 2.000 manifestants lors de la 11e journée (jeudi 6 avril).
Laure, 41 ans, travailleuse sociale, manifestait, ce lundi à Moulins, contre la réforme des retraites pour la première fois (et en famille) :
Je ne peux pas faire grève ou prendre de journée, on est en sous-effectif ! On nous en demande beaucoup dans la vie professionnelle, on est moins nombreux pour faire autant qu’avant : départs à la retraite non remplacés, difficulté de recrutement… Et en plus, on nous demande de travailler plus longtemps. C’est du mépris.
C’est également un sentiment d’injustice qui anime Sylvaine, 45 ans, agent en école maternelle. Elle partira à la retraite à 67 ans, parce qu’elle a fait quatre ans d’études et a cumulé deux ans de chômage pour élever ses enfants.
Je me vois mal gérer la cantine et faire le ménage de l’école tous les jours comme c’est le cas aujourd’hui, à 67 ans !
Patrick Thomas, secrétaire CGT de Moulins et sa région, a souligné l'impact de la pénibilité, dans son discours :
La réforme va faire baisser le niveau des pensions. Actuellement, à 60 ans, un actif sur deux seulement est encore en activité, à temps partiel ou complet.
Stéphane, 43 ans, agent RTE, manifeste pour « défendre certains métiers, même pas le mien » :
Bosser de nuit, c’est huit ans d’espérance de vie en moins. Ce n’est pas normal que ce ne soit pas reconnu par cette réforme.
Un secrétaire national du Parti socialiste, Amin Mbarki, également élu municipal à Montreuil (93), a manifesté à titre privé, son épouse étant de l’Allier (elle est à droite sur la photo, lui est au centre) :
Ici vous manifestez sereinement. À Paris, il y a beaucoup de confrontations, parfois inutiles, et les manifestants sont filtrés avant d’intégrer le cortège. Il y a un petit risque. Ici c’est plus familial.Et on voit des drapeaux de la confédération paysanne, ce n’est pas le cas à Paris !
Stéphanie Ména