2.300 personnes dans la rue à Brive pour le 1er mai, découvrez les meilleures images de la manifestation
Au milieu des habituelles sonos, et des slogans de manifestants, un bruit s’est invité dans les cortèges de Corrèze, à l’occasion de la fête du travail, ce lundi 1er mai. Le son des cuillères en métal qui frappent des casseroles, entendues lors des derniers déplacements du président de la République, a résonné dans les rues de Tulle et de Brive, où plusieurs milliers de personnes se sont réunis.
2.300 personnes à BriveÀ Brive, selon nos estimations, 2.300 personnes ont emprunté les boulevards, un cortège représentatif de l’unité syndicale des dernières journées de mobilisation contre la réforme des retraites. "Il y a un mélange de joie et de colère, chez les manifestants. Avec beaucoup d’interrogations aussi. Les gens nous demandent ce qui va se passer par la suite. Pour nous, c’est très clair, il y aura des actions coup de poing comme cela a été le cas, ainsi que des journées de mobilisation. En plus du malaise créé par l’utilisation du 49.3 et de la réforme de retraite, les questions de pouvoir d’achat sont présentes dans toutes les têtes. Pour nous, c’est certain, il n’y aura pas de négociations avant le retrait de cette réforme", insiste Thierry Rousseau, de l’union locale de la CGT.
Pour cette manifestation, certains ont sorti leur déguisement de Dead Pool.
Le manque de démocratieCette convergence des luttes, Isabelle, enseignante, l’illustre parfaitement. "Depuis que j’enseigne, j’ai vu passer l’âge de départ à la retraite de 60 à 64, et le salaire d’un professeur en début de carrière évoluer de deux fois le SMIC, à 1,2 fois le SMIC. La prime annoncée par le gouvernement ne rattrape par le 'rien' des vingt dernières années." À ses côtés, son fils tient dans ses mains une des fameuses casseroles. Pour lui, la méthode du gouvernement est aussi choquante. "Le président se cache derrière la démocratie électorale, alors qu’il sait lui-même dans quelles circonstances, il a été élu. Mais il n’y a pas que les élections qui comptent dans une démocratie."
"Les salariés en ont marre"Marc, retraité du bâtiment, est, lui aussi, un opposant à la réforme des retraites. Cet ancien patron l’a constaté durant sa carrière, les dernières années sont difficiles. "Passé l’âge de 60 ans, les salariés en ont marre. Il y a beaucoup d’arrêts maladie. Dans les petites structures, la question de ce que l’on va faire des gens sur le départ va se poser. Les seniors connaissent déjà beaucoup le chômage. Il ne faut pas quitter son travail avec de l’amertume", insiste-t-il.
À la fin du "tour des boulevards", le cortège s’est réuni sur la place du 14 juillet pour un casse-croûte solidaire.
Texte Pierre Vignaud, photos Stéphanie Para