Aurillac - Grenoble, un match de rattrapage à quitte ou double
C’est un match à rattraper, pour se mettre à jour dans le calendrier et surtout affiner véritablement quel pourra être l’objectif de fin de saison d’Aurillac et de Grenoble. Ce jeudi 9 mars (20 h 30 à Jean-Alric), le Stade, comme le FCG ont une belle opération à faire pour leur fin de saison.
Si on peut avancer sans trop se mouiller que l’un comme l’autre ont déjà une marge intéressante pour éviter?: qui la bataille pour le maintien, qui une désillusion dans le ventre mou, cette rencontre reportée de la 18e journée doit mettre l’un ou l’autre dans la lutte pour la qualification (Aurillac) ou les demi-finales directes (Grenoble).
Pour le maintien, le Stade dispose d'une marge sérieuse sur le bas de tableau. Un succès contre Grenoble lui permettrait de vraiment regarder vers le haut. Photo Jérémie Fulleringer
Lancé plein fer vers cet objectif, le FCG (3e, 64 pts) est sur les talons de Mont-de-Marsan (2e, 65 pts) qu’il peut dépasser demain, alors qu’il lui restera à recevoir les Landais en avril. Pour le Stade, un succès simple, et c’est un bond à la 7e place, à égalité avec Nevers et à deux points de Colomiers (6e, 57 pts).
Les années passées, la 6e place se négocie à 78 pointsEn se basant sur les 5 dernières saisons complètes, le Stade a besoin de 27 pointsÀ la veille d’Aurillac-Grenoble, il reste 40 points à distribuer (bonus offensifs compris) pour les deux clubs (35 pour les autres). Combien faudrait-il en empocher pour être assuré de la 6e place ? Si on se penche sur la moyenne des cinq dernières saisons complètes (1), le dernier fauteuil de qualifié s’est adjugé à 78 points (2).
En prenant cette moyenne comme modèle, le Stade Aurillacois n’a donc pas droit à l’erreur à domicile (5 matches), à commencer par demain soir. Il lui faudrait en effet récolter un total de 27 points d’ici la fin de saison pour rentrer dans les clous.Ce qui suppose aussi poursuivre un peu sa moisson à l’extérieur. Depuis qu’il a démontré cette année qu’il savait parfois s’exporter chez les équipes du bas de tableau (Angoulême, Rouen, Massy), Montauban devra évidemment être un objectif prioritaire… au moins autant que Colomiers.
Une marge intéressante pour le maintienSi la moyenne des cinq dernières saisons complètes fait de 78 pts la barre à atteindre pour se hisser à la 6e place, quid du minimum à récolter pour assurer son maintien ? Le nombre est plus fluctuant mais tourne autour de la cinquantaine, ce qu’Aurillac possède déjà.En 2022, l’avant-dernier et premier relégable avait quitté la Pro D2 avec 46 pts, soit le même nombre qu’en 2018 et à peine moins qu’en 2021 (49 pts).En 2019, année historique avec une lutte menée jusqu’au bout et marquée par le bonus défensif héroïque acquis à Nevers par le Stade, Bourg était descendu avec 60 pts. Enfin, en 2017, Albi était relégué avec 57 pts.Cette année-là, le Stade avait fini 8e avec 70 pts (à 9 pts de la qualification), son meilleur classement depuis 2016 et sa finale contre Bayonne.
Car les affrontements directs entre candidats vont compter double. Et si, pour le Stade, le tableau n’est pas fameux en cas d’égalité avec ses principaux adversaires au niveau des points terrain, au moins Aurillac peut-il se dire qu’il lui reste pas mal d’occasions de mettre des points au chaud en même temps qu’il freine ceux qu’il chasse ou qui le chassent.
Un match pour marquer des points… et les espritsAprès la réception de Grenoble, le Stade va enchaîner les oppositions contre les actuels 6e (Colomiers), 5e (Agen) et 4e (Biarritz) avec aussi un voyage à Aix-Provence qui est toujours en course. Si c’est tout sauf un calendrier facile, c’est au moins un calendrier qui permettrait aux Cantaliens d’avoir leur destin entre leurs mains.
Pour Aurillac, dompter le FCG enverrait aussi le signal d'une équipe qui peut battre les candidats au top 6, et pas seulement rivaliser, comme Aurillac le fit contre Mont-de-Marsan. Photo Jeremie Fulleringer
Les hommes de Roméo Gontinéac n’en sont pas encore là. Et, mathématiquement, l’affaire ne serait même pas pliée si, d’aventure c’est Grenoble qui étirait sa série de victoires en cours (5 matches) demain soir.
En revanche, un succès, au moins autant qu’une avancée au classement, serait un signal fort quant à la capacité des Cantaliens à relever ce défi aussi fou qu’excitant. Parce que viser une qualification n’a de sens que si c’est pour offrir ensuite un beau visage en phase finale. Et pour cela, il faut être capable de dompter les équipes de la trempe de Grenoble à domicile.
« On bâtit », avait relevé l’entraîneur en chef après le succès contre Rouen qui laissait un goût partagé en raison des 20 dernières minutes. Battre Grenoble reviendrait à dresser un pan de mur entier, qui conforterait en prime le statut de forteresse de Jean-Alric, avant de voir les assaillants revenir en nombre.
Jean-Paul Cohade
(1) Pour cause de Covid, la saison 2019-2020 n’est pas allée à son terme.
(2) En 2022, le dernier qualifié l’a été avec 78 pts comme en 2019 ; en 2021 c’était 75 pts, le plus faible total sur la période concernée ; en 2018, Biarritz s’était qualifié avec 80 pts, mais avec 11 unités de plus que Nevers, 7e. Enfin, en 2017, Perpignan s’était qualifié avec 79 pts, soit un de plus que le 7e, Colomiers.