Manifestation des maires de l'Allier devant la préfecture contre la fermeture de classes
Le conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) devait se réunir ce jeudi 9 mars, mais il a été boycotté par les représentants des enseignants et des parents qui, en remplacement, ont manifesté devant la Préfecture. De nombreux maires et élus participaient (*). Soit environ 150 personnes.
L’avis du CDEN est consultatif, mais en le boycottant, la validation de la carte scolaire 2023 est repoussée.
« Comment voulez-vous que les maires réorganisent leur école quand ils apprennent ces décisions six mois avant », interroge le député Yannick Monnet qui voudrait que les fermetures soient anticipées trois ans avant.
Le prochain CDEN se tiendra vendredi 17 mars. « Cette fois-ci, nous participerons, car c’est le dernier délai. La discussion sera possible, car les communes auront eu un peu plus de temps pour s’organiser », explique Vincent Presumey, secrétaire départemental de la FSU.
La nouvelle préfère de l’Allier, Pascale Trimbach, a reçu les élus concernés, mercredi matin. Gilles Vernay, maire d’Etroussat, raconte : « Elle s’est rendu compte, je crois, de la brutalité des annonces pour les élus. Travailler à l’école de demain, oui, mais pas à la va-vite et pas avec des chiffres biaisés. Oui, je pense que les chiffres de l’Insee ne sont pas bons. Par exemple, l’Éducation nationale m’a fait valoir que j’ai eu 4 naissances en 2021, alors que j’ai pu produire 7 certificats de naissance. »
La mobilisation perdure, malgré les dernières concessions de l’Éducation nationale : “seulement” douze classes seraient fermées à la rentrée 2023 dans l’Allier, sur les vingt-neuf envisagées (voir nos éditions du lundi 6 mars).
Et l'inquiétude demeure « car autant de fermetures de classes sont prévues chaque année pendant cinq ans. Si nous acceptons, les fermetures vont continuer à ce rythme », prévient Delphine Moulinot, secrétaire départementale de l’Unsa Éducation. De son côté, le secrétaire départemental de la FSU pour le premier degré, Pierre-Mathieu Daviet, enseignant à Moulins, dénonce un jeu de dupe : « On évite des fermetures, en repoussant les ouvertures là où elles sont nécessaires, notamment dans les zones urbaines. »
Stéphanie Ména
(*) Cosne-d’Allier, Cerilly, Marcillat-en-Combraille, Chassenard, Molinet, Saint-Pourçain-sur-Besbre, Autry-Issards, Vaumas, Chavroches, Jaligny, Thiel-sur-Acolin, Louroux-Hodement, Étroussat, Venas, Cerilly…