En Creuse, les élus du Pays sostranien vont-ils réussir à boucler le budget 2023 ?
Le centre aquatique du Pays sostranien ne fermera pas. Les élus de la communauté de communes ne l’envisagent pas pour le moment. Mais ils font tout pour réaliser des économies : fermeture le samedi et une semaine pendant les vacances, hausse des tarifs, non-remplacement du directeur qui part à la retraite le 31 mars.
La flambée des prix de l’énergie va peser lourd sur le budget 2023 : elle est estimée à +565.000 € pour le Pays sostranien (dont 400.000 € de hausse pour le centre aquatique et 57.800 € pour le centre Yves-Furet).
Un déficit de 4.000 €Réunis mercredi soir à Saint-Maurice-la-Souterraine, les conseillers communautaires se sont penchés sur l’élaboration du budget 2023. Le président Etienne Lejeune a d’emblée indiqué que ça serait « un budget de combat ». L’année 2022 s’est terminée avec un déficit de fonctionnement de 4.000 €. « C’est la première fois que ça arrive en 15 ans, s’inquiète Pierre Decoursier, vice-président aux finances. C’est signe qu’il y a un problème. Nous avons dû taper dans notre bas de laine de 650.000 euros. »Pour 2023, il va donc falloir contraindre les dépenses « au strict nécessaire » et trouver de nouvelles recettes. « Il faudra travailler ligne par ligne pour essayer d’atténuer les dépenses de fonctionnement », ajoute Etienne Lejeune. Les factures d’énergie, notamment celles de la piscine et du centre Yves-Furet, vont être étudiées chaque mois. « Les équipes sont mobilisées pour faire des économies d’énergie », assure Patrice Filloux, vice-président.
Logements vacantsLa collectivité a décidé d’actionner un autre levier pour équilibrer son budget : augmenter ses recettes par l’intermédiaire de la fiscalité. « Nous avons voté l’an dernier une taxe sur les logements vacants », indique le président. Elle devrait rapporter 40.000 euros (sur les 644 logements vacants, environ un tiers sera concerné par cette nouvelle taxe).
Parallèlement, des aides financières vont être proposées aux propriétaires pour rénover leurs logements. Le Pays sostranien s’engage en effet dans une OPAH (opération programmée d’amélioration de l’habitat). Une étude pré-opérationnelle (d’un coût de 60.000 € TTC) va être réalisée cette année.
Hausse de la taxe foncièreLes taux de taxe foncière devraient également augmenter. Ils étaient jusque-là très bas (0,615 % pour la TFB). « Nous allons faire la proposition de revoir d’un point la taxe foncière, annonce Etienne Lejeune. En contrepartie, à La Souterraine, nous allons proposer une baisse équivalente pour que ça soit neutre pour les ménages. »
Pour faire des économies, certains élus proposent de regarder du côté du budget de la masse salariale (1,7 million en 2022). « 45 emplois, c’est beaucoup trop, lance Gérard Chapus (Azérables). On ne fait que des dépenses de fonctionnement, on ne peut plus investir ! »
Arrivée de RiolandCe budget contraint ne permettra pas de lancer des projets importants cette année. Mais les élus comptent bien poursuivre les chantiers en cours. Sur le volet économique, la collectivité continuera à accompagner fortement les entreprises.
Les travaux dans l’ancienne usine De Fursac, rachetée par la collectivité, suivent leurs cours. La livraison est prévue cet été. Le maroquinier Rioland y installera ses ateliers et payera un loyer. « Ce projet nous a impactés au niveau budgétaire en 2022. Nous avons fait un pari collectif, celui d’accompagner cette entreprise, de porter l’aspect immobilier, indique le président. Pour l’instant, tout se passe bien. » 75 salariés ont pris leurs fonctions dans des bâtiments provisoires et 15 sont en formation.
La santé est également une priorité pour les élus du Pays sostranien. La maison de santé de La Souterraine devrait être agrandie (une étude va être menée en 2023) et un fonds de concours est prévu pour la construction de nouveaux locaux pour la pharmacie d’Azérables avec téléconsultations.
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Des inquiétudes concernant la crècheLes élus ont fait part de leurs inquiétudes concernant la crèche de La Souterraine, gérée par l’association Les Pitchounets. Fin 2022, la structure affichait un résultat déficitaire de 121.932 euros, après une année 2021 elle aussi déficitaire (-74.150 euros). Si rien n’est fait pour modifier en profondeur le mode de fonctionnement de la crèche, il est à prévoir un déficit de 120.000 euros en 2023. Un comité de pilotage a été mis en place afin de trouver des solutions.
Catherine Perrot
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