Éviction de Corinne Diacre de son poste de sélectionneuse de la France : encore une question de méthode... comme à Clermont
Il l'a défendue jusqu'au bout. Logique, au regard du lien qui unit les deux techniciens depuis plusieurs années.
"Je trouve ça injuste, et je suis peiné pour elle. Je la soutiens à 200 % car ce qui lui arrive est scandaleux. Ce sont de vieilles rancœurs, et il faut laisser de côté ses problèmes personnels pour essayer d'avancer avec tout le monde. C'est une cabale. Laisser la mainmise sur l'équipe de France aux joueurs, c'est dangereux".
Les propos de Pascal Gastien, installé par Corinne Diacre à la tête du centre de formation du Clermont Foot avant d'être proposé par cette dernière pour prendre sa suite sur le banc de l'équipe pro, n'ont donc pas trouvé d'écho au sein de la FFF.
Par la voix d'un comité exécutif, celle-ci a choisi d'écarter la sélectionneuse de l'équipe de France, ce jeudi. Isolée et pointée du doigt suite à la mise en retrait de trois cadres du groupe (Wendie Renard, Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto), l'ancienne coach du CF63 quitte ses fonctions a seulement quelques mois de la prochaine Coupe du monde, programmée l'été prochain en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Après un mandat de plus de cinq ans, un quart de finale de Coupe du monde et une demi-finale lors du dernier Euro, Corinne Diacre achève sa mission sur un constat d'échec, alors que son management a été remis en cause par de nombreuses personnes, joueuses et anciens adjoints.
Une fin de parcours qui fait un peu écho à son passage clermontois, sportivement réussi mais terni par des choix pas toujours compris. Le parallèle avait d'ailleurs valu dès 2020 avec les Bleues, quand Amandine Henry, en froid avec Diacre, avait notamment dénoncé "énormément de problèmes" au sein de la sélection.
À Clermont, le management et certains choix de la technicienne n'ont pas toujours été acceptés par les joueurs, et notamment ses capitaines (Ekobo, Lippini, Avinel, Djellabi), avec qui l'histoire ne s'est que rarement bien conclue. Jugé parfois trop vertical, le fonctionnement de l'ex-sélectionneuse, avec qui le loft n'était jamais vide près du Montpied, avait été dénoncé par plusieurs éléments. Si bien que l'annonce de son départ pour les Bleues, fin août 2017, avait été vécu comme un soulagement par certains membres du vestiaire.
Laurent Calmut