Tour de France en Creuse : comment interpréter la venue de Christian Prudhomme à Évaux-les-Bains ?
Évidemment, c'est dans toutes les têtes. Lorsque Christian Prudhomme prend le micro ce vendredi soir sur la scène du casino d'Évaux-les-Bains (Creuse), les images viennent instantanément : celles du Palais des Congrès à Paris, où le directeur du Tour de France dévoile, chaque année en octobre et en grande pompe, le tracé de l'édition suivante.
Bien orchestré par ASO, c'est un temps fort de l'année médiatique et sportive. Le prochain aura lieu dans moins d'un mois, le jeudi 27 octobre.
Mais ne nous emballons pas. Dans la salle ce soir, ce n'est pas le gratin du cyclisme mondial, mais l'élite du vélo amateur français (ce qui est déjà bien). Et le patron de la Grande Boucle n'est là qu'en invité.
Honneur aux amateursIl a répondu à l'invitation de l'Arpad et du Rocc(*), dont la soirée vient clôturer le premier Challenge Poulidor qu'ils ont créé pour récompenser les meilleurs cyclistes amateurs de la saison (jugés sur 93 courses dans toute la France) et aussi entretenir la mémoire du légendaire "Poupou", dont l'image populaire colle bien avec l'esprit du Challenge.
Officiellement, Évaux a été choisie pour cette soirée, car elle est au centre de l'Hexagone (la plupart des prix reviennent à des Bretons). Et que son maire Bruno Papineau, passionné de cyclisme, entretient de bonnes relations avec l'Arpad.
Sauf que la commune est tout aussi officiellement candidate pour accueillir le Tour. Le maire l'annonçait dans nos colonnes voici deux ans.
Sa longue avenue rectiligne accueillait alors une arrivée du Tour du Limousin 2020. Depuis, des dossiers ont été déposés chez ASO. Des contacts ont eu lieu. Le Département a apporté son soutien. Une délégation d'élus locaux, de tous bords, est allée à Paris soutenir l'idée.
La Creuse attend donc son Tour. Et elle y croit d'autant plus que des informations lui tournent autour : en 2023, la Grande Boucle serait à Limoges, puis à Clermont, de Limoges à Clermont. Dans le Périgord, en haut du Puy-de-Dôme, dans l'Allier (tout près d'Evaux-les-Bains).
Durant la soirée Poulidor, Christian Prudhomme se garde bien de dévoiler ce suspens mondial. Peut-être, éventuellement, fait-il allusion au géant des puys quand il assure aimer découvrir de nouveaux cols, mais aussi en faire revivre d'anciens. Rien de plus, rien de moins sur le tracé du Tour.
Interrogé à l'issue de la cérémonie officielle, le directeur s'amuse de voir les journalistes se perdre en conjectures. En toute bienveillance. Car il a lui-même commencé dans ce métier. Et il sait trop bien toute la passion soulevée par "ce sport qui vient sur votre pas de porte".
Patience mais optimisme« L'âge d'or du cyclisme, c'est quand nos champions sortaient de leurs fermes. Il ne faut jamais, jamais, jamais, oublier ses racines », déclarait plus tôt Christian Prudhomme en référence aux origines de Raymond Poulidor. Qui, rappelle-t-il, lui a donné l'envie de faire journaliste sportif.
Ce qui nous ramène à la question creusoise, le Tour va-t-il oui ou non repasser au pays natal de Poupou ? Peut-il s'y arrêter de nouveau (ce n'est arrivé qu'une fois, en 2004) ?
« Je n'avais pas conscience que le Tour était resté si longtemps sans venir ici. Cela fait en effet une dizaine d'années qu'il n'est plus passé. Il ne faudra pas attendre encore dix ans. J'ai été impressionné par la volonté des élus qui sont venus collectivement m'en parler. Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est qu'il faut être un tout petit peu patient, mais optimiste. »
(*Association des Amis de Raymond Poulidor et André Dufraisse / Rassemblement des Organisateurs de Courses Cyclistes)
Floris Bressyfloris.bressy@centrefrance.com