Tirs sur l'autoroute A75, à hauteur du Crest (Puy-de-Dôme) : le suspect reste incarcéré
« Nous sommes au Far West ! » Tels sont les mots de Gérard Sentis, avocat général à la cour d’appel de Riom, pour décrire la fusillade survenue sur l’autoroute A75, dans le sud de l’agglomération clermontoise, le 1er juin dernier. Ce jour- là, en début d’après-midi, un jeune homme circule au volant d’un fourgon Iveco. Son père est à ses côtés.
Les occupants du fourgon blessésÀ hauteur du Crest, une Renault Clio Bleu se positionne à leur niveau. Son passager avant, dont le visage est dissimulé par un cache-nez, fait feu à plusieurs reprises sur la camionnette. La voiture disparaît ensuite en prenant la direction de Cournon. Le passager du fourgon, dont le gros orteil a été arraché par un projectile, et son fils, touché à la jambe, parviennent à regagner leur domicile, à Pérignat-lès-Sarliève, où ils sont pris en charge par les secours.
Cinq impacts de balles de calibres différents seront relevés sur leur véhicule. L’enquête des gendarmes débouche très vite sur l’interpellation de deux suspects : un jeune homme âgé de 26 ans et son beau-père, 43 ans. Le premier est soupçonné d’être l’auteur des tirs, le second aurait conduit la Clio. Leur mobile présumé : une rivalité avec la famille des victimes qui serait allée crescendo plusieurs mois avant les faits.
D'autres violences en décembre dernierLe tireur présumé, mis en examen pour tentative d’assassinat et placé en détention provisoire, aurait lui-même été agressé chez lui à coups de couteau par le conducteur du fourgon et ses proches, en décembre dernier. « Cela fait trois mois que je suis en prison et eux sont toujours en liberté », a dénoncé Mickaël L., mardi, devant la chambre de l’instruction, où il est venu demander sa remise en liberté.
Le jeune homme clame son innocence. La Renault Clio, qui aurait été achetée par son beau-père et retrouvée incendiée près de leur domicile ? « Il n’est pas complètement fou, il n’aurait quand même pas brûlé la voiture à proximité de chez lui », conteste Me Jean-François Canis en défense.
Les victimes affirment avoir formellement reconnu le mis en examen au moment des tirs.
« Prétendre reconnaître un homme encagoulé en un centième de seconde, c’est d’une fragilité absolue, surtout quand on sait qu’ils ont une haine profonde à l’égard de mon client. »
Pour Gérard Sentis, au contraire, ces éléments, et bien d’autres, font peser de lourds soupçons sur le jeune homme de 26 ans. La détention provisoire, selon le magistrat, est aussi dans son intérêt.
Un conflit "san fin"« On voit bien que ce conflit est sans fin », analyse-t-il. « Il y a un risque de voir le mis en examen, une fois sorti, vouloir finir de régler ses comptes. Et vice-versa. Il peut très bien y avoir un règlement de compte dans l’autre sens. » La chambre de l’instruction lui a donné raison.
Olivier Choruszko