Mots et expressions en patois du Livradois-Forez (Puy-de-Dôme) à connaître pour briller en société
Le guide du routard n’existait pas encore à l’époque. Mais au XIXe siècle, la publication de ces quelques expressions aurait pu être bien utile au voyageur étranger traversant les monts du Forez ou le plateau du Livradois. Des expressions qui permettent aussi aujourd'hui de briller en soirée, pourquoi pas.
« Bonjour, au revoir, merci, pardon, s’il vous plaît ? » « Bonjorn, a reveire, granmerces, desolat, si-’os-plai ? » Les mots ne suffisent pas, c’est aussi l’intention qui compte. Et avant de dire « Bonjour », on s’interpelle notamment sur une interrogation qui demandera une réponse plus ou moins longue. « Au revoir » est peu usité. On lui préférera, pour faire local, l’expression traduite « Je vais prendre du souci ».
« Où peut-on manger ? » - « Ente podèm golar ? » Là aussi, il convient de se conformer aux coutumes. Dans le temps, le déjeuner se dit dîner et on soupe au dîner, le soir. « On mangeait moins mais plus souvent à différentes heures de la journée », ajoute Laurent Boithias, un spécialiste en la matière. De fait, le terme « casse-croûte » était le plus fréquemment employé. On « faisait » le casse-croûte de 10 heures, celui de 16 heures, etc.
Les restaurants étaient plutôt des auberges mais ce sont surtout les bistrots qui étaient légion. Dans la petite commune de Saint-Flour-l’Etang, on comptait par exemple six cafés.
« Ménagez-vous ! » « Je calcule » - « Moainajatz-vos ! » « I carcule ». Avec ces deux dernières expressions, vous seriez passé pour un Bougnat pure souche, sans hésitation. « Ménagez-vous », était un conseil couramment donné. « Une phrase qui traduit aussi bien la lenteur que l’obstination qui sont des caractéristiques communes des caractères des hommes de ce territoire », soutien Laurent Boithias. Quant à « je calcule », l’expression peut être traduite par « je réfléchis ». « Les réflexions n’étaient pas philosophiques mais pragmatiques. S’il y a un problème, je dois résoudre une équation pour trouver la solution », explique le spécialiste.
Yann Terrat
Bitord ou non ? En terme linguistique, le territoire du Livradois et du Forez se divisait en deux secteurs distincts. La région de Thiers et le nord-est au parler très particulier se distinguaient du reste qui englobait tout de même des particularités très localisées.