Inflation : pourquoi tant d’écarts entre les pays de la zone euro
L’inflation continue à grimper dans la zone euro. En septembre, la hausse des prix s’est établie à 10 % contre 9,1 % le mois précédent, selon les données publiées, vendredi 30 septembre, par Eurostat, l’agence européenne des statistiques. Sur les 19 pays, la France est celui qui s’en sort le mieux. La hausse de l’indice des prix harmonisé (qui permet les comparaisons européennes) y était de 6,2 % en septembre, contre 6,5 en août et 6,8 % en juillet.
L'énergie et l'alimentation, causes de ces écartsAu sein de cette zone euro, l’inflation fait le grand écart. La hausse des prix en Estonie a atteint 24,2 %, soit presque quatre fois plus que les 6,2 % enregistrés en France. La Belgique, bien que frontalière de l’Hexagone, a vu ses prix augmenter de 12 %, l’Espagne de 9,3 %, et l’Allemagne de 10,3 %. L’énergie demeure la principale explication à ces écarts entre pays (+ 40,8 %, comparé à 38,6 % en août), ainsi que la hausse des prix des produits alimentaires, qui continue à dépasser la barre des + 10 % (+ 11,8 % en septembre, comparé à 10,6 % en août). !function(){"use strict";window.addEventListener("message",(function(e){if(void 0!==e.data["datawrapper-height"]){var t=document.querySelectorAll("iframe");for(var a in e.data["datawrapper-height"])for(var r=0;r
L’économiste Sylvain Bersinger, du cabinet Asterès, confirme. « La principale cause de ces écarts entre pays de la zone euro, c’est l’énergie. Les pays les moins riches sont ceux qui consomment le plus d’énergie, rapporté à l’ensemble de leur budget. Idem pour l’alimentaire : plus les gens sont modestes, plus la part de l’alimentaire est importante. Cela explique les taux d’inflation élevés dans les pays baltes, notamment. » Autre explication à ces différences : les politiques économiques mises en place au sein de chaque pays. « Le bouclier tarifaire en France, s’il coûte cher au contribuable et à l’État, est efficace et plafonne le prix de l’électricité et du gaz pour les ménages, reprend Sylvain Bersinger. Les pays baltes ont laissé les prix se répercuter sur le consommateur. »
Les taux directeurs relevésFace à cette situation, les banques centrales ont décidé de relever leurs taux, afin d’enrayer l’inflation galopante, en ralentissant la demande et la consommation. Car plus les taux accordés aux banques commerciales par la BCE sont élevés, plus ceux octroyés par les banques commerciales aux ménages et aux entreprises le sont aussi. La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi en septembre augmenté ses taux directeurs de 0,75 point de pourcentage, après une première hausse en onze ans de 0,50 point en juillet.
Jusqu'à quand ?Selon Julien Marcilly, économiste en chef chez Global Sovereign Advisory, il y a risque si cette inflation dure dans le temps. « Cela posera un problème de politique monétaire entre pays d’une même zone, car il y aura trop de différences. » Justement, cette flambée de l’inflation va-t-elle encore durer?? « Il faut demander à Poutine !, répond Sylvain Bersinger. Mon scénario est qu’on va rester sur des taux inflation élevés jusqu’à la fin de l’hiver. Après, on peut espérer une décrue, car on voit des indicateurs sur l’indice du prix des matières premières qui repartent à la baisse. On peut raisonnablement espérer que l’on ait atteint, aujourd’hui, une sorte de plafond. »
Nicolas Faucon