Un collectif voudrait que les futures éoliennes d'Oléron prennent le large
Lorsque vous bronzerez à Oléron, en 2035, entre Chassiron et Saint-Trojan, peut-être chercherez-vous du regard les éoliennes implantées en mer, à plusieurs dizaines de kilomètres au large. Peut-être que vous n’y penserez même pas, tant ces grands ventilateurs seront devenus banals dans le paysage français.
Mais elles sont encore loin d’être construites. Le gouvernement voudrait pourtant que les énergies renouvelables accélèrent leur développement en France. Elles ne représentent que 19,3 % de la consommation finale, contre les 23,7 % promis par la feuille de route de développement du renouvelable.
Deuxième gisement européenGrâce à ses côtes ventées, la France dispose du deuxième gisement européen derrière le Royaume-Uni, mais a une puissance installée dix fois moindre. D’ailleurs, le premier champ éolien offshore français a été inauguré voilà quelques jours seulement, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)…
Plusieurs sont en projet, dont celui d’Oléron. D’abord prévu à 15 km de l’île, le champ a été repoussé à 50 km au large. Il faut dire que, dans sa première mouture, le projet éolien se situait dans le périmètre du parc naturel marin qui va de l’estuaire de la Gironde aux Sables-d’Olonne (Vendée), accessoirement zone de pêche vitale pour l’économie locale.
Recours gracieuxUne concertation et pas mal de protestations plus tard, le premier parc avec ses 60 machines géantes (260 mètres de haut) a pris le large après une décision du gouvernement, mais il tombe désormais au milieu d’une zone de pêche à la langoustine ! Il demeure également au sein d’une zone Natura 2000 pour la protection des oiseaux, sur une voie migratoire.
Tout cela ne satisfait guère le collectif NEMO (Non à l’éolien marin à Oléron et à son extension), qui bataille contre le projet depuis 2016. Aux côtés de plusieurs autres associations, il vient de déposer un recours gracieux contre l’arrêté de l’État (voir ci-dessous).
Questionnée sur la possibilité de déplacer plus au large les éoliennes, la préfète de région Fabienne Buccio a expliqué, jeudi dernier, qu’« un périmètre a été défini. Les implantations peuvent bouger… au sein de ce périmètre ».
L'avis de Dominique Chevillon, membre du collectif NEMO.« On sort d’une aire marine protégée pour aller sur une autre aire marine protégée, sur une voie de migration internationale, en plein dans une zone de pêche... Nous venons de faire un recours gracieux, avec quatre associations, auprès de la ministre pour demander le retrait de la décision du 27 juillet. On engage ainsi le contentieux. Cette quatrième localisation proposée demeure au cœur de la zone de protection spéciale Pertuis charentais – Rochebonne. Si on sortait de Natura 2000, de la voie de migration et de la zone de pêche, on étudierait avec intérêt une telle proposition. On se retrouverait à une centaine de kilomètres des côtes. Là, on est à 50 km. Quant à la technique, on pense que si on veut aider à la croissance d’une filière française, alors ce sera sur l’éolien flottant. »
Jean-Louis Mercier
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