Quelle entreprise "Origine Corrèze" sera la favorite du public de la grande soirée de l'économie le 6 octobre
Découvrez les trois finalistes de la catégorie « Origine Corrèze ». Le Département soutient ce prix. C'est le public réuni jeudi 6 octobre pour la grande soirée de l'économie qui choisira le lauréat de cette catégorie. Pour assister à la soirée, à l'espace congrès, de l'immeuble consulaire, à Brive, il suffit de s'inscrire en ligne en cliquez ici.
A comme BétonC’est un personnage ! Antoine Courtiol « patauge dans le béton depuis 2010 », ce sont ses mots. Plus exactement, « je dessine, conçois, fabrique et mets en place des éléments de décoration en béton ». Et tout ça, tout seul. Sous ses airs rêveurs, le fondateur de A comme Béton a une formation d’ingénieur et une expérience dans une entreprise qui fabriquait des charpentes en béton pour des bâtiments industriels. Il découvre alors sa matière première, le Béton fibré à ultra-haute performance (Befup), qui peut être « doux et soyeux ».
« Je fabrique des moules, les plus propres possible qui peuvent être en bois, en polyuréthane… Puis, je coule dedans le béton que je formule moi-même au gramme près »
En sortent des consoles épurées, des tables aux lignes affûtées, de fines étagères, mais aussi plus récemment des enceintes hi-fi.
« J’ai un chantier hors norme chaque année », raconte Antoine Courtiol. En effet, on retrouve ses consoles dans les boutiques Dior de Shanghai ou encore de Chicago. Il a pensé et confectionné le mobilier de l’église ultramoderne Notre Dame du Lac, à Bordeaux, et notamment l’autel. L’artisan a aussi travaillé pour le musée de l’Orangerie, à Paris, pour un chai à Pauillac (Gironde) ou encore pour aménager l’accueil de la mairie du 5e arrondissement de la capitale. « Je fabrique à la demande, souvent pour des prescripteurs, notamment des architectes, mais aussi pour des particuliers. Je veux faire des meubles les plus fins possible. »
Il s’approvisionne le plus possible en local, « sauf les fibres qu’on ne trouve pas en France. J’essaie de ne pas gâcher. Je recycle tous mes moules. » Dans l’avenir, il compte développer d’autres produits, les enceintes hi-fi en béton en sont un premier aperçu.
Les truites de la VézèreIl est arrivé en Corrèze un peu par hasard en 2019. Voulant exercer son métier ailleurs que dans la vallée de la Vésubie et l’arrière-pays niçois où il est resté plus de treize ans, Yohan Monnot a eu un coup de cœur pour la pisciculture du Moulin de Barthou, sur les rives de la Vézère à Bugeat. Depuis trois ans maintenant, ce pisciculteur de 37 ans élève avec passion des truites arc-en-ciel et fario ainsi que de grandes truites saumonées et des ombles de fontaine.
Sur son exploitation datant des années 1970 et dont il est le sixième propriétaire, il dispose de onze bassins (800 m2 de bassins pour un volume global de 650 m3 d’eau) dans lesquels grandissent 30.000 poissons. Et Yohan Monnot met un point d’honneur aux conditions d’élevage se voulant respectueuses de l’environnement.
« Un poisson qui stresse est un poisson qui souffre », explique le pisciculteur qui s’est formé en Lozère. Ainsi, il s’évertue à préserver une faible densité d’individus dans ses bassins, à vérifier la qualité de la nourriture et à maîtriser sa production, de la sélection des poissons jusqu’au suivi de l’éclosion des alevins. Pour ces différentes raisons et cet engagement, le professionnel a reçu la certification Aquarea certifiant des pratiques d’élevage respectueuses de l’environnement.
Toutefois, l’été chaud et sec a mis à rude épreuve son cheptel.
« Le poisson a souffert, il va falloir mettre en place une adaptation zootechnique, mettre des ombrages sur les bassins… »
Le pisciculteur possède déjà du matériel pour recycler l’eau et compte acquérir d’autres installations afin de poursuivre un élevage le plus qualitatif possible. « Avoir été nommé, c’est déjà une petite victoire. Je crois que l’amour d’un métier mérite d’être mis en lumière », dit-il humblement.
La Brasserie des Anges« Sur 2.200 brasseries artisanales en France, seulement trois brassent à l’ancienne. J’imagine que je suis la seule femme. » Stéphanie Coulange prend le pari de monter son entreprise à Chamboulive en 2014. Maîtrisant déjà une recette concoctée dans sa cuisine et formée chez des
brasserie des anges pour trophée des entreprisesbrasseurs de la région, elle investit toute sa fortune dans l’aventure.
Un premier tonneau donné par un voisin et le chaudron en cuivre dégoté à 30 km de là, lui font croire en sa bonne étoile.
« J’étais mère célibataire, et, à l’époque, la seule question que m’ont posée mes filles, c’était le nom que l’on donnerait à la brasserie. Je suis entourée de tellement de bienveillance qu’il est plus qu’approprié ! »
Après un perfectionnement théorique à La Rochelle, Stéphanie Coulange invente neuf autres recettes.
« Le brassage à l’ancienne manipule beaucoup plus le produit. Deux cuves sont nécessaires : une pour l’empâtage, où je mélange l’eau et le malt concassé, puis la deuxième dans laquelle le jus, préalablement chauffé à 70°C, sera transféré pour y ajouter le houblon. Quand le mélange sera redescendu en température, j’y ajouterai la levure pour une première fermentation avant la deuxième grâce à l’ajout de sucre, lors de la mise en bouteille. »
Très attachée aux produits qu’elle choisit localement dans la mesure du possible, quatre de ses recettes sont ainsi labellisées « Origine Corrèze ». Quand la question lui est posée sur l’avenir de son entreprise, elle répond, fière de sa « petite reconnaissance au niveau régional », souhaiter « en avoir une au niveau départemental ». Pourquoi mérite-t-elle de gagner ? « La brasserie à l’ancienne est rare, d’autant plus quand on est une femme. Je travaille le maximum de produits locaux dans une démarche écoresponsable, je pense que cela doit être valorisé ! »
Emilie Auffret, Vincent Faure et Sabine Taverdet