Olivier Marleix, député d'Eure-et-Loir et président du groupe LR, ne votera pas le budget de l'État : "La dette risque de devenir incontrôlable"
Olivier Marleix, député d’Eure-et-Loir et président du groupe LR à l’Assemblée nationale, n’a jamais caché son opposition à la politique d’Emmanuel Macron. Même s’il parle d’une opposition constructive, il se montre très ferme à l’égard du budget 2023 proposé par le gouvernement : il ne le votera pas.
Que reprochez-vous au budget proposé par le gouvernement ? C’est un budget totalement déraisonnable. Aucun effort n’est envisagé pour 2023. On a 47 milliards de dépenses en plus, un déficit qui atteint 158 milliards.
"Le résultat, c'est qu’on a une dette publique à 3.000 milliards d’euros qui risque de devenir incontrôlable. On emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus élevés, aujourd’hui à 2,8%."
Bruno Le Maire avait déclaré " la cote d’alerte est atteinte ", pourtant il n’en tient aucun compte. Lorsque la dette publique explose, ça se répercute aussi sur les taux d’intérêt que paient ceux qui empruntent pour acheter leur maison ou investir dans leur entreprise. C’est totalement irresponsable. Et le gouvernement propose 10.000 emplois publics supplémentaires sans en supprimer par ailleurs.
Les emplois publics sont néanmoins nécessaires dans certains domaines ? Bien sûr, s’il s’agit d’embaucher du personnel supplémentaire dans les Ehpad par exemple pour que les personnes âgées vivent mieux, ce n’est pas un problème. Mais, parallèlement, il faudrait que le Gouvernement se penche sur les effectifs dans les ministères parisiens. Là, il y a des économies à faire.
Vous ne voterez pas le budget, mais allez-vous faire des propositions ? Nous voulons faire des propositions d’abord pour lutter contre la fraude sociale. La Cour des comptes l’évalue à 15 milliards d’euros par an, des Commissions d’enquête parlementaire, plutôt à 30. Il faut stopper les abus comme le versement de pensions de retraite à l’étranger à des personnes dont on s’aperçoit qu’elles ont 120 ans !
"Il faut aussi plus de justice dans la distribution des aides sociales : un étranger qui n’a jamais cotisé en France, a droit après quelques années de séjour à plus d’aides qu’un retraité modeste qui n’a même pas droit aux APL."
De la même façon, comment peut-on voter une enveloppe de 2 milliards d’euros pour l’accueil des demandeurs d’asile quand on sait qu’aujourd’hui un retraité n’a que quelques euros de remboursement sur une paire de lunettes.
Y a-t-il d’autres leviers que la fraude sociale sur lesquels vous proposez de jouer ?
Nous pensons qu’on peut préserver le pouvoir d’achat des Français sans faire exploser la dette, contrairement au Gouvernement. Nous pensons que le gouvernement pourrait protéger davantage les petites entreprises et arrête de faire des cadeaux à des grands groupes étrangers qui ne paient pas d’impôts, comme l’a révélé le scandale McKinsey.
Vos préoccupations autour du coût de l’énergie feront-elles partie du débat ? Je trouve scandaleux que les entreprises agricoles, les PME, de nombreux artisans soient menacés de faillite parce qu’ils ne sont pas protégés de la hausse du prix de l’électricité qui explose sous l’effet d’une simple règle européenne.
"Les entreprises paient 600 ou 700 € le MWh alors que nous le produisons à 50 € ! Nous devons nous extraire de ces règles européennes."
Même chose pour la rénovation énergétique : l’État doit aider de façon efficace et juste les Français à faire des travaux pour payer moins en chauffage l’hiver. Le dispositif actuel "Ma Prime rénov" ne fonctionne pas. Nous resterons aussi attentifs au prix du carburant : si les prix ont baissé depuis septembre, c'est grâce au combat des députés Les Républicains qui ont obtenu une baisse à la pompe pour tous là où le gouvernement voulait une aide trop ciblée.
Valérie Beaudoin Follow @BeaudoinVb