Rencontre d’exception avec Makenzy Orcel
Langeac. Rencontre d'exception avec Makenzy Orcel. La librairie Grenouille a accueilli samedi, Makenzy Orcel, venu présenter son roman Une somme humaine , paru aux éditions Rivages et qui figure dans la première sélection du prix Goncourt 2022. Une rencontre exceptionnelle coorganisée avec Marion Brun, fondatrice de la résidence d’artistes langeadoise La Lucarne où Makenzy Orcel a séjourné en avril dernier ; une semaine consacrée, entre deux « balades en ville et un petit café en terrasse », à la relecture des épreuves de son roman avant parution, ultime étape d’un travail d’écriture de trois ans et demi.
« Je me laisse traverser par tous les vents »Makenzy Orcel est né en 1983 en Haïti à Port au Prince. Il vit depuis dix ans à Paris. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils de poésie et de trois romans dont L’Ombre animale (éd. Zulma) salué par la critique. Deuxième volet d’une trilogie initiée par L’ombre animale , Une somme humaine fait entendre la voix d’une héroïne depuis l’outre-tombe. À la fois anonyme et incarnée, c’est la voix d’une seule femme et de toutes les femmes. Elle raconte dans des carnets dérobés au temps et à la mort une enfance volée, une adolescence déchirée, une vie et un destin brisés.
À la faveur d’un échange des plus décontractés avec le public venu nombreux, l’écrivain a pu dire son amour pour la langue. « Le roman sert à mettre de l’ordre dans le chaos de la vie, estime-t-il. Pour cela, maîtriser les structures internes de la langue est nécessaire. Il me semble avoir atteint là une certaine justesse verbale. Je ne me dis jamais : aujourd’hui je dois écrire ! Je me laisse traverser par tous les vents et quand le personnage est là, avec sa psychologie, c’est parti ! ».
Pour Makenzy Orcel, il est possible de faire un grand roman avec une petite histoire. Car ce n’est pas la trame narrative qui importe, c’est la langue que l’on choisit pour raconter et pour accéder à des zones humaines profondes. « Ce n’est jamais évident d’écrire un livre, ajoute l’auteur. Le doute est permanent ».
Rendez-vous. Jeudi 6 octobre en matinée, Christian Grenouillet dédicacera à Grenouille son nouveau livre, un polar poétique intitulé Ligne 11 . Les transports en commun révèlent ce que nous avons en commun : la terreur du quotidien, le désarroi tranquille du quidam qui espère. Mais pour Lui ce matin-là ?, Lui qui ne s’attendait plus à rien, le trajet sur la ligne 11 du métro parisien va se transformer en cauchemar…