Jeremy Davidson, manager du CA Brive : « On a tiré des leçons de l’an dernier »
Quel bilan dressez-vous de la préparation estivale qui s’est soldée par une victoire 20-15 face au Racing la semaine dernière?
Pour la confiance, c’est bien sûr important de gagner deux rencontres l’été. Surtout après la fin de saison dernière compliquée. Mais cela ne remplace en rien un match de Top 14 et tout le monde en est bien conscient. Il n’empêche que la préparation a été meilleure en termes de contenu que l’an passé. Physiquement, les joueurs ont répondu présents et ont été au rendez-vous de l’intensité.
Êtes-vous satisfait du degré d’implication des nombreux jeunes joueurs qui ont passé près de deux mois avec le groupe pro?
Très franchement, oui?! Ils ont démontré à plusieurs reprises qu’ils avaient les épaules et le caractère pour se frotter aux professionnels. Aucun n’a semblé avoir peur ou était intimidé. Ils étaient même volontaires pour des exercices et ont poussé tout le monde.
Cela dénote d’un état d’esprit conquérant et ambitieux. C’était la première fois qu’on donnait la possibilité à autant de jeunes de se jauger avec nous et la qualité a été présente.
L’an passé, les ambitions de début de saison avaient été élevées, sans doute trop. Quid de celles de cette nouvelle saison?
Entre les joueurs blessés et les internationaux qui sont rentrés tardivement et qui ont pu avoir des minutes face au Racing, on n’a pas encore pris le temps de définir une feuille de match. Et puis, je ne suis pas certain qu’on la divulguera publiquement (rires). Une chose est certaine, personne dans le groupe, dans le staff et dans le club n’a envie de revivre la saison dernière. On a mis les choses à plat, discuter pour trouver ce qui n’avait pas été et maintenant, il faut être capable de se servir de cette expérience délicate pour avancer et grandir.
Justement, qu’est-il ressorti de ces discussions? Qu’avez-vous identifié pour ne pas revivre pareille saison et un maintien acquis lors de l’ultime journée?
Sur l’ensemble de la saison, nous avons fait preuve de trop d’inconstance. Nous n’avons pas été capables d’enclencher de longues dynamiques. Et puis, c’est un fait, nous n’avons pas non plus été épargnés par les blessures, mais au final, on a su tous tirer dans le même sens pour se donner le droit de rester en Top 14.
Vous parlez de blessures. Vous allez débuter la saison sans Hayden Thompson-Stringer, Mitch Lees, Retief Marais et Saïd Hirèche. Pourquoi ne pas avoir pris de joker pour compenser ces absences?
Ah, la question des jokers… La porte n’est pas fermée à un ou deux renforts mais on ne souhaite pas prendre un joker comme ça, à l’arrache, juste pour dire, « on a pris un joker médical ». Il faut que ce dernier puisse rapidement se fondre dans le groupe et comprendre notre fonctionnement. Il faut que ça colle et ça, ce n’est pas simple à trouver.
Comment abordez-vous ce début de saison avec une nouvelle fois un bloc de dix rencontres de suite à gérer?
Il est objectivement difficile de se projeter. Ce n’est pas original mais on va vraiment faire match par match car le calendrier ne permet pas de réfléchir à plusieurs semaines.
Interview Benjamin Pommier Photos : Justine Bavois