« Une rentrée aux antipodes de la Polynésie Française ! » Trois enseignants racontent leur première rentrée à Aurillac (Cantal)
Dépaysement total pour Sébastien Barthélémy. Il vivra aujourd’hui une rentrée bien différente qu’il y a un an. Professeur de cuisine au lycée Raymond-Cortat, il arrive… de Polynésie Française. « J’ai enseigné quatre ans à un public très hétéroclite, qui avait entre 16 et 51 ans, et parfois quelques difficultés langagières. Mais l’expérience était fabuleuse. » À la veille d’une rentrée « aux antipodes » de ce qu’il a vécu, cet enseignant de 48 ans appréhende cette journée, avec en même temps beaucoup d’impatience. « L’établissement est un bel outil. Nous disposons de beaucoup de matériels, qui plus est en, très bon état. » De retour en métropole depuis le 10 juillet dernier avec son épouse, également enseignante, et son fils qui fait sa rentrée en 3e, Sébastien Barthélémy n’est pas tout à fait en terrain inconnu. Avant l’Outre-mer, il travaillait à Dijon, mais avait « enseigné quatre ans à Clermont-Ferrand ».
Une impatience palpableIl avait, de surcroît, une maison à Aumont-Aubrac, en Lozère. Ce natif des Alpes affectionne logiquement la montagne, qui lui permet même de ne pas craindre sa réadaptation aux températures de métropole. « En quatre ans, on se tropicalise, mais en montagne, les hivers sont froids et secs, c’est agréable. » Cette année, il aura trente-six élèves sous sa responsabilité, dans sa matière. « J’ai hâte de commencer cette expérience, pour aller dans le bon sens, au sein de cette structure qui m’accueille et qui dispose de tout ce qu’il faut pour travailler au maximum de ses capacités », assure-t-il.
Je n’étais pas vraiment satisfaite d’Aurillac au départ, mais je le deviens
Même impatience du côté d’Alexis Roche. Ce dynamique professeur d’économie-gestion a 24 ans et Aurillac faisait partie de ses premiers choix. Originaire d’Ardèche, il est affecté au lycée Monnet-Mermoz. « J’ai travaillé dans l’Allier, à Yzeure. Je suis dans une démarche de découverte du territoire français, mais je n’exclus pas de rester dans le Cantal. » Un département qu’il aime déjà pour ses similarités avec l’Ardèche, « en termes de climat, d’altitude, d’aménagements ». Et pour y avoir passé des vacances. Le travail y sera qualitatif, pense-t-il. « Je suis professeur principal d’une classe de Terminale. Je travaillerai avec des élèves répartis dans cinq classes, de la première à la Terminale. Ici, tout est fait pour porter les élèves à s’épanouir », considère le jeune enseignant qui estime évoluer au sein d’une équipe éducative « investie et soudée ».Cette rentrée comptera toutefois des enseignants pas tout à fait enchantés. Parmi eux, Anne-Laure Perrier. Cette professeure de sciences de la vie et de la terre ne visait pas Aurillac. « J’habite à Mauriac, mes trois enfants y sont scolarisés. Depuis dix-sept ans, j’enseignais dans un collège d’Argentat. » À 50 minutes de route de son domicile, Anne-Laure Perrier a guetté le moment où elle allait pouvoir se rapprocher de son domicile. Un départ en retraite s’est alors profilé à Ydes ; elle a formulé ses vœux pour la rentrée 2022-2023 en fonction. Entre-temps, le rectorat a fermé le poste. « Comme j’avais pas mal de points, j’ai été affectée au lycée Émile-Duclaux, à Aurillac… Toujours à 50 minutes de route de mon domicile. Mais l’établissement présente des conditions de travail idéales. » Enseignante dans huit classes de Seconde et trois de Terminale, elle confie s’être fait à l’idée. « Je n’étais pas vraiment satisfaite d’Aurillac au départ, mais je le deviens ».
Et d’ajouter : « Professionnellement, pour moi, ça va tout changer. Je passe d’un collège à un lycée avec du personnel technique, des salles équipées… Niveau équipement, le lycée est bien doté, ça se voit tout de suite. » Quant aux élèves, ils seront, en toute logique, plus intéressés et impliqués que des collégiens. « C’est un peu mon lot de consolation. Le travail devrait être plus intéressant ! »
Anna Modolo