À Sainte-Feyre (Creuse), c'est le maire qui remplit le cartable des écoliers
À quelques heures seulement de la rentrée, les cartables des quelque 180 enfants des écoles maternelle et primaire de Sainte-Feyre étaient encore vides. Pour cause, ici, c’est la commune qui achète stylos, crayons, cahiers et autres gommes. Une action sociale menée depuis plusieurs années par la municipalité qui n’a pas attendu l’inflation pour ménager le pouvoir d’achat de ses parents d’élèves.
« L’école est l’une de nos priorités, lance Isabelle Pénicaud, conseillère municipale déléguée à l’enfance. La gratuité des fournitures scolaires est une question d’égalité des chances », poursuit-elle. « Tous les consommables sont pris en charge par la commune. Seuls les sacs, les trousses et les affaires de sport doivent être acquis par les familles », détaille l’élue.
35 euros par enfants et par anUne politique dont le coût est estimé à 8.000 euros et à 35 euros par enfant par an par la collectivité. Et dont la pertinence est encore plus « significative aujourd’hui pour les familles, alors que les prix augmentent », ajoute le maire, Franck Réjaud. Et ce ne sont sans doute pas les parents qui lui donneraient tort :
C’est une bonne chose, car l’achat des fournitures scolaires peut représenter un sacré budget. Et puis ça permet de garder un peu d’argent pour faire plaisir aux enfants.
Mégane, 30 ans, maman de Jade (8 ans) et de Nolan (9 ans)
Les principaux intéressés, qui peuvent tout de même se distinguer de leurs camarades en arborant de splendides cartables aux motifs colorés, semblent surtout impatients de retrouver leurs amis et leurs matières préférées (« j’adore la géographie », glisse au passage Nolan qui rentre en CM1 cette année).
Pas question de rogner sur la qualité de la restauration scolairePour l’équipe municipale de Sainte-Feyre, ce coup de pouce aux familles est devenu un totem. Et il n’est pas question d’économiser sur d’autres postes, comme la restauration, pour le maintenir, assurent les élus. La cantine qui « est un peu plus chère qu’ailleurs », glisse tout de même Mégane, qui a travaillé dans plusieurs écoles en tant qu’Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Mais, selon elle, la qualité et la diversité de l’alimentation sont bien au menu.
« Les tarifs de la cantine sont fixés au 1er janvier et n’évolueront pas en 2022 », assure Franck Réjaud. « Nous faisons le maximum pour atteindre les 20 % de bio prévus par la loi. Mais nous n’y sommes pas encore. Pour l’heure, nous privilégions le local au bio qui vient de loin », défend Isabelle Pénicaud. Pour l’élue, « pas question de revenir sur la qualité. Car le budget alimentation est souvent le premier sur lequel les gens rognent en cas de difficulté. » La restauration scolaire est aussi une question d’égalité.
François Delotte