Faire « des grands vins en Haute-Loire », le défi de Vincent Legrand à Villeneuve-d'Allier (Haute-Loire)
Quand Vincent Legrand parle de vin, il sait de quoi il parle. Caviste depuis plus de 10 ans à la Cave Marcon au Puy-en-Velay, il en connaît un rayon. Rien qu’avec une gorgée à l’aveugle, il arrive à savoir d’où vient la bouteille, ce qu’il y a dedans et le caractère de son producteur. Question d’expérience et d’expertise.
« J’ai travaillé pendant une quinzaine d’années dans les Pyrénées-Orientales puis j’ai vendu du vin à travers le monde. Je suis en Haute-Loire depuis dix ans et travaille maintenant pour la Cave Marcon. »
Au-delà du conseil et de la vente, il a souhaité élargir un peu plus son panel en acquérant des parcelles de vigne du côté de Villeneuve-d’Allier. « J’ai toujours dit que je finirai ma carrière en tant que vigneron », indique-t-il.
200 ceps replantés en un anS’il n’est pas à quelques mois de la retraite, Vincent Legrand, 50 ans, terminera bel et bien sa vie au milieu des vignes. De ses vignes où poussent du gamay, chardonnay, merlot, pinot noir et pinot gris. À Auzat, il a replanté « 200 ceps » et a prévu d’en replanter « une cinquantaine chaque année ». Mais cela n’a rien d’exceptionnel : « il y a tout le temps des pieds qui meurent ».
Depuis un peu plus d’un an qu’il a repris cette exploitation de 1.600 m² à Roland Vigouroux (voir ci-contre), il ne chôme pas. Ce vendredi matin d’août, alors que le soleil ne tape pas trop encore, la mission du jour est de terminer de mettre tous les filets de protection. « Ils servent à protéger de la grêle et des prédateurs », précise le vigneron. Sans oublier que « quand tu sulfates, le souffre se positionne dessus et pas dans l’atmosphère ».
« Je vais traiter la vigne comme on se soigne »Vincent Legrand n’a rien d’un ayatollah du bio. « Je vais traiter la vigne comme on se soigne », analyse-t-il. Il ne dérogera pas néanmoins à une règle qu’il s’est imposé :
Les sols sont et seront travaillés au cheval pour une logique de proximité agricole.
Sa réflexion n’est pas sortie d’un chapeau. Elle a été pensée et provient de son expérience.
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Avec son associé, Vincent Legrand a déjà sorti une cuvée il y a quelques mois. Elle s'appelle TTC, pour Tu te calmes. L’idée, pour l’année prochaine, est de « tout ramasser et de faire quelque chose de rigolo » en mettant en avant « toutes nos parcelles ». Mais rigolo ne veut pas dire piquette. « Je suis à un âge où j’ai l’expérience pour poser des actes. L’objectif n’est pas de faire de la quantité, mais de la qualité. On pourra alors dire qu’on fait des grands vins en Haute-Loire. » Rendez-vous dans quelques mois.
Maryne Le Goff