Marie-Hélène Lafon célébrée par le Département du Cantal pour son prix Renaudot
« Le Cantal, c’est la matière première de mon écriture. » Au cinquième étage de l’Hôtel du Département, à Aurillac, Marie-Hélène Lafon a été célébrée, lundi soir, pour son prix Renaudot. Obtenu en 2020 pour Histoire du fils, un roman qui sonde le cœur d’une famille entre Paris et le Cantal, ce prix « met en avant le département, souligne Bruno Faure, président du Conseil départemental. Parler du Cantal sous une plume reconnue, c’est important. »
Un ancrage géographiqueAyant grandi dans une ferme de la vallée de la Santoire, à une vingtaine de kilomètres de Riom-ès-Montagnes, Marie-Hélène Lafon puise ses histoires dans ce Pays Gentiane : « La manière d’écrire me tombe dessus par mon lieu et mon milieu de naissance, le milieu paysan. Ces paysages et ses histoires m’ont façonnée. » Un ancrage qui paraît évident à la lecture des passages de Joseph ou de Les Pays, déclamés pour l’occasion par la compagnie Lectures à la carte et par Marie-Hélène Lafon, debout face à l’auditoire comme elle le ferait dans le collège où elle enseigne le français, le latin et le grec.
« Je suis sur une ligne tendue entre la gare de Neussargues et la gare de Bercy. »
« Il y a un épicentre dans mon écriture, c’est le Cantal. » Mais pour écrire sur son département, la native d’Aurillac a dû le quitter. « Partir n’était pas un choix, c’était le programme. Il fallait aller inventer sa vie ailleurs. Mais cette distance avec le territoire, j’en ai besoin pour écrire. Je suis sur une ligne tendue entre la gare de Neussargues et la gare de Bercy. »
Celle qui dit n’avoir jamais été une Auvergnate de Paris passe dix semaines par an dans son Cantal pour actualiser son rapport au pays. « Je vais voir ce qu’il se passe dans les fermes, ce qui a changé depuis mon adolescence, car les choses bougent pendant que l’on n’est pas là. Mes livres sont le témoignage de ce rapport évolutif au pays et je n’ai aucune nostalgie. »
Baptiste Dedieu