Dans la Creuse, les inquiétudes des syndicats : « On ne tire pas les leçons du passé »
« On s’inquiète devant les conditions de cette rentrée dont la préparation a été chaotique. » Pour Luc Marquès, les années scolaires se suivent… et se ressemblent. Et le secrétaire départemental du SNUipp-FSU d’énumérer les inquiétudes et revendications habituelles auxquelles s’ajoute cette année la problématique des enseignants en CDD.
« On a proposé des CDD à des personnes qui étaient sur les listes complémentaires et qui ont découvert leur affectation aujourd’hui (lundi, N.D.L.R.). Certaines équipes sont encore incomplètes ou d’autres changent à deux jours de la rentrée. Dans certaines écoles, la direction était vacante à la sortie : quand on est à flux tendu comme ça et qu’on fait les affectations à l’arrache, on ne peut pas dire que ce soit une rentrée bien préparée. Les parents sont inquiets. »
Quinze postes de CDD doivent être affectés à la Creuse mais « les recrutements étaient encore en cours la semaine dernière », souligne Solène Marche.
Une brigade de remplacement en souffrance ?Autre source d’inquiétude pour les représentants syndicaux : la brigade de remplacement qui ne devrait guère être mieux pourvue que l’an passé selon eux. « Théoriquement, il devrait y avoir 60 collègues remplaçants mais on en aura 15 ou 20. Et, très rapidement, ça se passera comme l’an dernier avec des classes qui seront fermées faute de remplaçants. C’est inquiétant : on ne tire pas les leçons de l’expérience. L’an dernier, on a eu jusqu’à 40 classes sans enseignants. »
Le SNUipp-FSU revendique également une revalorisation du salaire des AESH et des professeurs des écoles pour, notamment, rendre ces métiers plus attractifs. Et se pose déjà la question de la gestion de la crise sanitaire « puisque les autorisations absence pour gardes d’enfants à l’isolement ne seront plus délivrées. L’école participera à la propagation de l’épidémie tranquillement ».
Enfin, et la question trouvera réponse vendredi lors du Comité technique : certaines écoles verront-elles enfin les ouvertures de classes attendues au vu des effectifs ? « A Mainsat, Felletin, Bonnat, Guéret, les effectifs nécessitaient des ouvertures mais ce n’était toujours pas étudié, regrette Luc Marquès. Le Dasen a visiblement oublié qu’enseigner, c’est un métier qui demande beaucoup de préparation. » Séverine Perrier