École inclusive : des enfants en situation de handicap scolarisés dans une classe spécialisée à Saint-Sulpice-le-Guérétois (Creuse)
« Ce que ça va leur apporter ? D’être considérés comme les autres. Point. » Patrick Colo, le président de l’Apajh de la Creuse, se félicite de la création, dès ce jeudi de rentrée, d’une unité d’enseignement externalisée de l’IME de Grancher à l’École élémentaire de Saint-Sulpice-le-Guérétois.
« Ça fait partie de notre démarche inclusive, et ça répond aux besoins des familles et des enfants »
Six élèves en situation de handicap, âgés de 7 à 11 ans, vont pouvoir, deux matinées par semaine, quitter les locaux de l’IME pour rejoindre une salle de classe qui leur sera dédiée : « Ça fait partie de notre démarche inclusive, et ça répond aux besoins des familles et des enfants », ajoute Patrick Colo.
Une ouverture aux autres
Les mardi et jeudi matins, leur enseignante spécialisée, Ghislaine Simonneton-Labriere, et un éducateur les emmèneront à l’école de Saint-Sulpice-le-Guérétois : « Ce qui va changer pour ces enfants, c’est l’ouverture aux autres, ils seront mélangés à des enfants ordinaires, ça va les tirer vers le haut, pour le langage par exemple. Et pour les autres élèves, ça va les ouvrir à la différence, à la tolérance. Tout le monde jouera ensemble dans la cour. Nous travaillerons aussi autour d’un projet commun avec les autres classes de l’école, sur les pays du monde : on se retrouvera dans des ateliers, dans la cuisine… »
Les six enfants seront accueillis dans une école toute neuve, inaugurée en 2018, qui leur met à disposition une salle de classe. Pour Éric Bodeau, maire de Saint-Sulpice-le-Guérétois, « les locaux s’y prêtent car nous avons cette salle en plus, qui n’était pas utilisée en tant que classe, mais plus pour le périscolaire. Dès que le projet nous a été présenté, on a été très attentifs à cette proposition. Cette inclusivité est très importante, même essentielle. Ça fait un an qu’on travaille sur ce projet qui a toute sa place ici. »Dominique Terrien, Directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) de la Creuse, rappelle qu’il ne s’agit pas là d’une première dans le département : trois autres classes externalisées existent déjà. Mais c’est la première créée avec l’Apajh.
« C’est une richesse pour eux »« On a beaucoup progressé pour essayer de scolariser le plus possible les enfants en situation de handicap. Ça leur permet d’aller au contact des autres élèves, et c’est une richesse pour eux. »D’autres classes similaires pourraient être mises en place : « On verra en fonction des besoins et on continue à travailler avec nos partenaires. On envisage par exemple un travail spécifique sur la prise en charge des “troubles dys” (*) », ajoute-t-il. (*) Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie…
Sophie Emery