La station de lavage de La Montade à Aurillac (Cantal) utilise de l'eau de pluie
Les arrêtés préfectoraux se sont succédé cet été. Avec un seul objectif : face à la pénurie d’eau, il était nécessaire d’en limiter les usages. Et l’une de ces premières restrictions était le lavage des voitures. Tout simplement interdit, chez soi, ou en station. Mais pas partout… Ainsi, à Aurillac, la station de lavage de La Montade a continué à ouvrir ses pistes durant cette période. Pourquoi ? « Parce que depuis le mois de mars, nous utilisons de l’eau de pluie », explique Francis Verbiguié, le patron.
« J’ai repris le site il y a six ans. Et lors d’une précédente sécheresse, nous avions dû arrêter toute activité », constate-t-il. Et puis « quand Cantal Habitat a réalisé les travaux de la cité, les techniciens sont venus me voir », pour lui faire une proposition qu’il a acceptée immédiatement.
Avec la réserve de 50.000 m³, nous avons dix quinze jours d’autonomie. Après, de manière automatique, nous passons sur le réseau de la Caba. Enfin, pas en ce moment. Nous n’utilisons que la réserve.
Une partie de ces travaux consistait en la séparation des conduits d’eau usée et d’eau pluviale. Une cuve de 50.000 m³ est installée, et mis à disposition de la station de lavage. « Dans cette cuve, ce sont les eaux pluviales de trois immeubles qui sont récupérées. Bien sûr, nous avons passé une convention avec Cantal Habitat, et je leur paie l’eau. Mais c’est beaucoup moins cher que l’eau du réseau. Et c’est écolo », sourit Francis Verbiguié qui ne voit que des avantages à cette solution. Si Cantal Habitat a financé les frais pour la réserve, Francis Verbiguié a investi dans un système de pompage et de tuyaux pour alimenter son entreprise. Et un filtre a été ajouté dernièrement : « Nous avions trouvé des plumes », sourit le patron.
Et dans la foulée, ou presque, le patron a réorganisé la station, et crée, pour l’atelier de nettoyage des véhicules, des réserves d’eau récupérée, cette fois, du toit de cette ancienne station-service. « Nous avons installé des réserves pour un peu moins de 10.000 m³ à l’intérieur. Là aussi, cela nous permet de continuer à travailler ».
L’eau de pluie récupérée est « utilisée en priorité. Avec la réserve de 50.000 m³, nous avons dix quinze jours d’autonomie. Après, de manière automatique, nous passons sur le réseau de la Caba. Enfin, pas en ce moment. Nous n’utilisons que la réserve. C’est pour cette raison que nous avons fermé les rouleaux, qui consomment plus ». En moyenne, 150 litres d’eau pour un lavage sous la machine équipée de rouleaux, alors que le lavage à haute pression sur une des pistes utilise en moyenne 50 litres d’eau.
Les travaux à la cité de La Montade
« Nous avons été contrôlés par les services de l’État et par ceux de la Communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac. Comme nous n’utilisons pas de l’eau du réseau ou des nappes phréatiques, c’est bon, on peut rester ouverts ».Francis Verbiguié garde désormais un œil très attentif aux prévisions météo : « S’il y a un orage, ça remplit les cuves. Ca me va ».
Bruno-Serge Leroy