Cagnard 2022
Au terme de cet été incandescent, tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas que d’un mauvais moment à passer. Et que même s’il ne faut pas confondre climat et météo, la simple répétition des phénomènes extrêmes devrait nous faire passer le déni de gravité ou la capacité à oublier. Il semblerait, cette fois, que la maison brûle pour de bon. On n’a pas fini d’en faire des danses de la pluie sur le sol craquelé. Vagues de Covid, vagues de chaleur, même combat, le répit n’est plus permis. Mais il va falloir s’habituer puisque l’anormal va devenir normal, nous alertent les météorologues, ces nouveaux maîtres du futur. Mais les voir ainsi surpris que ça aille aussi vite, au point que les modélisations craquent, n’est pas franchement propice à rassurer. Tout fond sous le cagnard, même l’exception bretonne, terre autrefois interdite aux records de température. Il ne s’agirait pas pour autant que l’anxiété climatique nous glace ou, à défaut, nous fasse élever des bûchers expiatoires, quand le temps politique se plie stérilement à la dictature du buzz. Autre manière de regarder ailleurs.
l’éditorial
Florence Chédotal