Destination fraîcheur et nature, le Puy-de-Dôme a continué d'attirer les touristes français cet été
La saison estivale 2022 n’a pas été aussi exceptionnelle que les deux précédentes mais une tendance semble perdurer dans le Puy-de-Dôme. Le tourisme évolue, la fréquentation progresse autour d’une quête : celle des vacances associant calme, nature et fraîcheur.
« Une prise de conscience est en train de monter. On sent que les gens ont de plus en plus envie d’être loin de la foule et de vivre des expériences plus durables. C’est la chance des territoires comme le nôtre. »
De l’air pur et des villages à taille humaineLe massif du Sancy a tous les critères que recherchent les vacanciers aujourd'hui : la nature, le calme, la fraîcheur et un large choix d'activités. Photo Hervé Chellé.
Dans le massif du Sancy, autre destination rurale dont l’on vante l’air pur et les villages à taille humaine, la saison a aussi été « bonne », même si elle a démarré « tardivement », après le 20 juillet. Les hébergeurs ont finalement « bien rempli » leurs campings, villages de vacances et locations meublées. Moins qu’en 2020 et 2021, où les Français sont exclusivement restés dans le pays à cause de la pandémie, mais mieux qu’en 2018 et 2019. Le directeur de l’Office de tourisme du Sancy, Luc Stelly, s’en réjouit :
Très clairement, on est dans le positionnement de ce que recherchent les vacanciers en ce moment.
De plus en plus de touristes originaires de la régionLes trois sites naturels du département cochent toutes les cases : de grands espaces, la fraîcheur de la basse ou moyenne montagne, plusieurs points d’eau, la possibilité de faire des activités peu onéreuses. « On remarque que de plus en plus de personnes viennent des départements limitrophes. Le côté financier joue, cela coûte moins cher en essence et ici, les prix des hébergements sont restés stables. Elles se disent aussi : “Avant on allait à la mer mais il y a des trucs pas mal près de chez nous” », analyse Yann Garnache, le directeur de l’Office de tourisme des Combrailles.
Chiffre. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, 80% des touristes sont Français. Les professionnels du secteur estiment que la clientèle intrarégionale est stable, voire en hausse, par rapport à l’été dernier.
Pour les familles et les groupes d’amis venus de plus loin (Bretagne, Alsace, Bouches-du-Rhône…), les Combrailles sont un lieu de retrouvailles, à mi-chemin entre le domicile de chacun.
Vers un tourisme durable et de proximitéSur place, les vacanciers privilégient la proximité. Ils restent davantage sur le lieu de séjour et explorent les environs à la rencontre des locaux.
Aujourd’hui, ils ne veulent plus seulement acheter leur couteau en passant à Thiers. Ils veulent rencontrer les artisans couteliers en montagne, découvrir leur savoir-faire et même réaliser leur propre objet.
« C’est ce qui marche le mieux avec la fabrication de papier et la taille des pierres améthyste. Chez nous, on n’est plus vraiment dans des logiques de consommation ou de prestation, mais plutôt dans de l’expérientiel », continue Benoît Barrès, selon qui le Covid « a accéléré la recherche de sens. »
Chiffre. Les résidences de tourisme de la région AuRA affichent un taux de satisfaction de 87% pour la saison estivale. Celui des activités culturelles et restaurants est moins élevé (74 %), ils pointent la baisse du pouvoir d’achat de la clientèle.
Comment éviter le surtourisme ?Dans le Sancy, « cela se fait depuis longtemps », estime Luc Stelly. « On n’a pas changé mais, disons, que l'on s’adapte, on développe des choses pour être en adéquation avec ce que recherchent les vacanciers. » Puisqu’ils ont envie de nature, il faut aussi leur apprendre à la préserver en mettant l’accent sur la sensibilisation, par exemple.
Le gour de Tazenat, dans les Combrailles, est prisé des touristes. Photo Renaud Baldassin.
Alors que ces sites puydômois sont de plus en plus prisés, l’enjeu est désormais d’éviter que le surtourisme ne les abîme.
« Nos hébergements ne sont pas complets, donc on a encore de la marge… Mais tout le travail va consister à faire venir sans envahir, en coordination avec les hébergeurs, la population locale, les offices de tourisme et les élus, pour répartir les flux. »
Dans les Combrailles, les groupes s’amassent au gour de Tazenat et délaissent les autres points d’eau. Yann Garnache sait que les touristes pourraient être encore plus nombreux à l’avenir. « On a des coins ombragés et au bord de l’eau, ce qui risque de devenir un luxe, déplore-t-il. Cet été, on a encore reçu des Niçois et des Marseillais. Ils nous le disent, chez eux, ils n’arrivent plus à respirer. »
Lisa Douard